Partout dans le monde, Anne-Laure Bonnet pourrait se sortir de n’importe quelle situation. Super-polyglotte, l’intervieweuse de beIN Sports parle plus souvent aux joueurs étrangers du championnat que de sa vie, mais elle a accepté de faire une exception pour Paris Match

 

Avec Omar Da Fonseca, c’est l’autre star de beIN Sports. Dans un style moins folklorique et plus reposant, Anne-Laure Bonnet est devenue l’une des figures emblématique de la chaîne qatarie. Mais il y a quelques années, c’est son père Bernard Bonnet, alors préfet corse, qui attire l’attention des médias avec l’affaire des paillotes. Le 15 janvier 2003, il est même condamné à trois ans de prison, dont un an ferme, pour avoir ordonné de mettre le feu à «Chez Francis» et «Aria Marina», deux paillotes construites illégalement sur le domaine public, quatre ans plus tôt. Une affaire qui sera « le plus gros traumatisme » de la vie de la future journaliste.

 

«Ni mes parents, ni mon frère, ni moi n’étions préparés à ce genre de chose. Mon père a été blanchi par la justice, c’est un innocent qui a fait deux mois de prison et à qui on a brisé la vie. Je n’oublierai jamais», confie-t-elle à Paris Match. Bernard Bonnet bénéficiera finalement d’une mesure de libération conditionnelle qui lui permettra d’éviter de retourner à la prison de la Santé à Paris, après deux mois de détention provisoire.

Anne-Laure Bonnet débarque sur France 5

 

Anne-Laure Bonnet et son père Bernard Bonnet à sa sortie de la prison de la Santé, à Paris, en 1999

Anne-Laure Bonnet et son père Bernard Bonnet à sa sortie de la prison de la Santé, à Paris, en 1999 – Bestimage

 

 

La «cruche de service», L’Équipe et TF1

Malgré un nom alors difficile à porter, Anne-Laure Bonnet va tout de même tenter sa chance auprès de différents médias. Et la journaliste décroche un job de pigiste à L’Équipe, sans en parler à Bernard Bonnet. Son anonymat ne tiendra toutefois pas longtemps puisque «tout le monde le savait et on (la) prenait un peu comme la cruche de service qui ne disait rien».

 

S’en suit une expérience à TF1 à une époque où Anne-Laure Bonnet reconnaît qu’elle était pas encore prête pour la télévision. C’est en partant travailler sur Sky Sports en Italie, alors qu’elle ne parlait même pas la langue, qu’elle a fait ses premières armes et a découvert le foot. Un sport fédérateur mais un milieu qu’elle juge  «très machiste». «Chaque jour, je dois me battre pour imposer ma légitimité. Les femmes sont là parce qu’elles sont compétentes. Arrêtez avec la condescendance et le paternalisme !», insiste la journaliste de beIN Sports.

 

 

«Cela me rendrait malade d’entendre que j’ai la cuisse légère»

Pour échapper aux clichés, Anne-Laure Bonnet s’applique à travailler en toute indépendance. «Je ne déjeune jamais avec les joueurs ou les entraîneurs, je ne veux pas de connivence, assure-t-elle. Jamais un joueur ne m’a manqué de respect. Peut-être que je prends tout ça trop au sérieux, mais cela me rendrait malade d’entendre que j’ai la cuisse légère, d’être considérée pour autre chose que pour mon travail. Je suis juste journaliste.»

 

A l’heure où les talk-shows consacrés au foot ont la cote, Anne-Laure Bonnet, qui apprend le russe en vue de la prochaine Coupe du monde, se voit désormais arriver à un âge «où (elle) mérite le confort du plateau». À côté Omar Da Fonseca dans le Football Show ? S’il est vrai qu’on aurait parfois besoin de ses talents de traductrice pour comprend le bouillant argentin, elle se verrait plus travailler pour une chaîne anglophone.