Mais qui est vraiment Edinson Cavani ? Si cette question vous a déjà traversé l’esprit, alors il faut lire Cavani, El Matador (Ed. Hugo Sport), le nouveau livre de Romain Molina. Quelques mois après un portrait remarqué d’Unai Emery, l’auteur est cette fois parti sur les traces du mystérieux buteur, de sa ville natale de Salto en passant par Palerme et Naples. L’occasion de découvrir ce « mec de l’interior » à travers une centaine de témoignages et des personnages parfois improbables comme on n’en trouve qu’en Uruguay. Rencontre avec l’auteur, de passage à Paris pour quelques jours de promo.

 

 

Salut Romain ! Après Unai Emery, pourquoi t’intéresser à Edinson Cavani ?

Quand je suis venu pour la promotion de mon livre sur Unai Emery, mon éditeur historique à Hugo Sport, Bertrand Pirel, m’a dit : « Le prochain c’est sur Cavani ! ». Je savais pas s’il rigolait… Et je me dit Cavani, Paris… On va m’étiquetter « mec qui écrit sur Paris » et des biographies. Je me suis dit je vais réfléchir un peu.

L’Équipe du soir, ses débuts avec Michel Drucker et un boys band… On a discuté avec Olivier Ménard

 

Qu’est-ce qui t’a poussé à accepter ?

Je me suis d’abord demandé si c’était pas un « boludo », un « con » en uruguayen. Après quelques appels, on me dit que c’est un type un peu spécial, un peu mystérieux. Et puis l’histoire de l’Uruguay m’a attiré. Je joue à Gibraltar et j’ai vécu en Ecosse donc j’aime bien les petits pays dont tout le monde se fout. Quand j’ai vu le parcours des mecs de sa génération aussi, les Gerardo Vonder Pütten ou encore Elias Ricardo Figueroa, je me suis dit que c’était quand même le pied de pouvoir raconter ça. Ça a été un élément délencheur, je me suis dit qu’il y avait vraiment quelque chose à écrire. J’ai pas voulu faire un livre sur Cavani mais autour de Cavani. Ça m’a pris 4 mois en tout.

 

Donc si on t’avait demandé quelque chose sur Neymar, ça aurait été non.

Jamais. Je dirais tout de suite non. Déjà parce que je ne parle pas portugais, et deuxième chose parce que je veux un contrôle total sur ce que j’écris. Je ne fais pas de produits officiels, et là sur Neymar, entre le sponsor, le club… C’est pas possible.

 

 

 

« Je crois que le frère de Cavani m’a testé »

Tu es forcément passé par le PSG pour avoir des témoignages ?

Oui pour Pastore, Meunier, Camara… Pour Cavani, ils m’ont dit de voir avec son frère qui est son représentant. Mais pour avoir Walter (Guglielmone, ex-attaquant passé par Ajaccio en 2002/2003). Il répond mais quand il est en Uruguay, il coupe tout.

 

Il a tout de suite accepté de parler ?

Il a dû enquêter un peu pour voir… Les Cavani, quand ils te donnent leur confiance tu l’auras pour tout le temps mais faut travailler pour l’avoir, faut la mériter. Je crois qu’il m’a testé aussi. Il m’a dit des trucs pour voir si ça sortait… Et j’ai rien dit. Puis quand il a vu que j’étais intéressé par son pays et par lui, il était étonné alors que c’est l’idole d’Edi, que j’avais vu des mecs avec lesquels il avait joué à Ajaccio. Il a apprécié et en a profité pour me demander le numéro de Dominique Bijotat, il voulait lui reparler. Petit à petit, on a eu cette relation de confiance.

 

Il a aimé le livre ?

Il ne l’a pas lu ! (rires) J’ai appris que quelqu’un du club l’avait appelé et Walter lui a demandé comment était le livre. Et l’autre lui a dit en espagnol, un truc comme c’est merveilleux. Et Walter a dit « super » et qu’il ne l’avait pas lu parce qu’il avait confiance en moi. J’ai adoré les entretiens avec lui, on rigole H24. Il veut diffuser le livre en Uruguay et faire ça bien. Il va être traduit en espagnol normalement.

 

Edinson Cavani avec son demi-frère Walter et son père Luis

Edinson Cavani avec son demi-frère Walter et son père Luis

 

Comment s’est passé l’entretien avec Edison Cavani qu’on retrouve à la fin du livre ?

J’ai eu le numéro de Cavani tout à la fin parce qu’avec l’histoire du penalty avec Neymar, c’était pas le moment de l’emmerder. Il partait au Venezuela avec la sélection et le dernier jour du dernier jour du dernier jour du bouclage il m’a envoyé un message : « Je viens d’arriver au Venezuela, je suis un peu fatigué par le voyage mais on peut parler quand que je me réveille de ma sieste ? ». Très sympa.

 

Des retours de la part du club ?

J’en ai pas eu, je sais que ça a un peu tourné chez des employés, chez des joueurs, mais je ne vois pas ce qu’ils pourraient avoir à redire. Après, ils n’avaient pas spécialement envie que je rencontre d’autres gars, notamment les anciens intendants. Pour Meunier et Camara, il y avait deux mecs à côté de moi. Pastore je l’ai eu au téléphone. Pour Unai, ils m’ont dit que je vois directement avec lui puisqu’ils savaient que j’avais déjà écrit un livre sur lui. Ils devaient avoir confiance.

 

 

 

« Cavani peut manger avec les femmes de ménage du club »

Dans ton livre, il y a pas mal de grands noms mais pourquoi on retrouve peu de témoignages de « Français » et d’anciens joueurs du PSG ?

Pfff, j’ai même pris des vents de Clément Chantome. Ni bonjour, ni merde. Même le préparateur physique de Laurent Blanc… Je pense qu’il y a une vraie fissure entre la médiatisation, on sait que tout prend des proportions, en France. Alvaro Negredo, il m’a arrangé ça en 5 minutes. Les Urugayens, je n’ai pas eu un seul problème. Les Italiens, on a même eu Walter Mazzarri, tout le monde. Mais un mec comme Cabaye n’a pas voulu parler. Bahebeck non plus, Pablo Correa, Diego Rolan pareil.

 

La force du livre, c’est aussi de faire découvrir l’Uruguay et son histoire au travers de Cavani.

Oui, à défaut de pouvoir y aller, j’ai essayé d’amener l’Uruguay à moi. On va organiser un truc avec l’ambassade d’ailleurs bientôt. Par le prisme de Cavani, j’ai essayé de montrer son pays et ce que représente venir de « l’interior » comme ils disent. Je pense que c’est avant tout ce qui explique Cavani et son attachement à l’Uruguay. Il va finir président un jour (rires). Certains le disent mais c’est pas son truc. C’est vraiment un mec du peuple. Il peut manger avec les femmes de ménage au club. Pastore aussi le fait, comme Lavezzi avant. Ils ont une vraie culture du barrio (quartier). Di Maria, il s’est quand même fait tatouer le portail de sa rue natale où il jouait au foot avec ses amis. Ils sont 6, 7, à avoir ce tatouage.

 

Son côté mec du peuple, c’est aussi son amour pour la pêche et la nature.

Walter, son frère, m’a dit qu’Edi avait récemment visité les jardins de Monet. Il adore. Il aurait prévu d’aller bientôt en Bourgogne. Il connaît mieux la France que moi ! Dans le livre je raconte comment il a été pêcher avec un intendant du club à Rambouillet. Il a amené sa mère !

 

Edinson Cavani lors de sa présentation au PSG le 16 juillet 2013 (Bestimage)

Edinson Cavani lors de sa présentation au PSG le 16 juillet 2013 (Bestimage)

 

Que ce soit son style de jeu ou sa personnalité, beaucoup de choses semblent à l’opposé de ce veut incarner le PSG aujourd’hui. Ça peut vraiment durer encore ?

Ce qu’il aime, c’est jouer. Il est à l’antithèse de tout ça, des réseaux sociaux etc. c’est sûr. C’est un peu un club paradoxal, mais il y a eu beaucoup de joueurs, notamment Juan Pablo Sorin, qui ont été aimés pour l’état d’esprit, le sacrifice au PSG. Cavani s’inscrit là-dedans. Tous les coachs le veulent. Il est complémentaire, en plus il ne réclame même pas de toucher la balle. Comme dit Pastore, c’est le seul joueur de l’équipe qui va chercher dans la surface, qui va t’emmerder avec ses courses.

 

Dans le livre, tu évoques justement ses ancêtres maternels indigènes et qu’on peut ressentir dans son jeu. 

Oui, comme dit son frère, c’est l’état d’esprit qu’il tient de sa mère. Au club au départ ils l’appelaient l’Indio. Son rapport à la nature joue aussi. Pourquoi il pêche… Parfois, il lui arrive même de parler pendant deux heures de la mer aux intendants.

 

 

 

Altruisme et agriculture

Il n’y pas trop de décalage dans le vestiaire ?

Oui, mais il est proche de Pastore, d’Angel, de Berchiche, d’Areola, qui est assez intelligent. Il discute pas mal de maté. Avant il y avait Lavezzi, David Luiz. Et puis Verratti, car il parle italien. Son clan, c’est quand même surtout Javier. Il écoute beaucoup les gens. Comme quand il dit à Lucas Digne sous la douche qu’il va trop vite et qu’il faut « prendre son temps, car c’est le moment de penser à ta journée ». Il a un côté très philosophe.

 

Il y a d’autres proches que tu aurais aimé avoir ? Son autre frère Christian ?

Je ne le connaissais pas donc il n’est pas trop dans le livre. Mais il a la même tête qu’Edi. C’est un défenseur en revanche et Walter m’a dit que même les plus grands attaquant le redoutent. Je ne voulais pas mettre que la famille. Mais j’aurais bien aimé avoir la mère. Elle m’a fait rire dans des entretiens à la presse uruguayenne où elle parle de cuisine. Elle est venue à Paris avec Edi, quand il a divorcé. C’est elle qui lui préparait son lait et ses céréales le matin (rires) C’est le dernier et c’est vraiment le fils à sa maman. Il a toujours accepté ça.

 

À la fin du livre, tu évoques la consigne de Walter : « Être juste et ne pas aborder que les bons côtes d’Edi ». Tu penses avoir réussi ?

On a bien mis en avant son côté bougon qu’il peut avoir sur le terrain par exemple. On le voit surtout à Naples, et Palerme. Un peu sauvage. En décalé. Il ne va pas aux soirées d’équipe. Il a aussi un côté susceptible, trop exigeant avec les autres, l’individualisme du buteur. Mais après en tant que personne, en dehors des terrains, c’est impossible de trouver des mauvais côtés, personne ne va te dire qu’il a fait un sale coup. Quand tu vois tout ce qu’il fait… et encore je n’ai pas tout mis.

 

Par exemple ?

Il ne veut pas le dire en plus, ça le gêne et pour lui c’est normal, mais il a beaucoup aidé l’hôpital de Salto. Il donne plein d’argent à sa ville. Pour Figueroa, qui a eu des problèmes avec l’alcool, c’est un des seuls qui lui est resté fidèle jusqu’au bout. Son premier entraîneur a perdu sa maison dans les inondations, il n’a pas voulu me dire ce qu’il avait fait mais on comprend bien. Dans le livre, je raconte aussi la fois où il a invité les intendants du PSG en Uruguay. Ils sortent d’un restaurant et là, une dame vend des plumeaux et reconnaît Edi. Non seulement il va lui en acheter trois mais il va ensuite klaxonner et nettoyer sa voiture avec pour qu’elle voit que ça va lui servir. C’est un détail mais ça révèle beaucoup. Il se revendique paysan, et c’est un terme mélioratif pour lui.

 

T’imagines comment son après-foot ?

Il va rentrer à Salto, c’est certain. Là-bas, le symbole c’est l’orange et il va se mettre dans l’agriculture. Il veut faire une entreprise pas trop robotisée, pour donner du travail. Il terminera sa carrière en Uruguay dans son club formateur, à Danubio. C’est un alien et vu son hygiène de vie, il n’a pas fini.

 

 

 

Le thriller sicilien

Un des passages forts du bouquin, c’est aussi le transfert très mouvementé de Danubio à Palerme.

Oui, il y a le mythe que sa mère a été séquestrée. Il y a du des pressions, même des coups de feu mais quand j’ai eu la police… Ils me disent qu’ils n’ont rien. En même temps, quand tu vois son ancien agent qui est dans un réseau de prostitution mondial… Il a voulu escroquer Cavani donc aujourd’hui c’est son frère qui s’occupe de lui.

 

Là, on est assez loin du foot.

Oui Palerme, c’était comme la mafia. Ce chapitre, j’ai essayé de le faire un peu en mode thriller. J’ai un peu fait le détective privé. Ils le font quand même signer en plein milieu de la nuit alors qu’il était à poils dans sa chambre d’hôtel. C’était la stratégie. Pour l’anecdote, ils lui ont fait signer le plus petit contrat de Palerme. Comme ils l’ont réveillé et qu’il ne parlait pas un mot d’italien, il a signé.

 

T’as pas été menacé quand même ?

Un peu mais là où j’ai vraiment eu des menaces c’est quand j’avais fait un truc sur Anderlecht et le Congo. Sauf que le mec qui m’a menacé avait oublié de se mettre en numéro masqué. Maintenant il est en prison je crois.

 

La rencontre la plus marquante ?

Carlos Coronel, premier vrai préparateur physique d’Edi. On a parlé de tout pendant 3h30. L’amour, la philosophie, la bouffe… Autant psychologue que préparateur physique. C’est un vrai mec brillant, il symbolise bien le génie des Uruguayens et ce qu’ils appellent leur « remise en perspective ». Edi l’a également. Sinon, c’est Walter. On m’a dit c’est un ours, il est imbuvable. Et en fait non, il m’a raconté sa fin de carrière en Chine. Tout le monde lui avait dit qu’il mangerait mal là-bas. Mais c’était faux, il m’a raconté qu’il allait à Carrefour pour acheter ses oignons et sa viande là-bas.

 

Ils sont très attachés à l’Uruguay mais en même très ouverts. 

Oui, avec Walter, on a aussi parlé de Paris, il me pose beaucoup de questions sur la France. Quand il vient ici, il est surpris, il dit bonjour et personne ne lui répond parfois. Pour un PSG-Monaco, il était venu avec un ami au selon VIP, il avait appris quelques mots de français pour demander poliment une coupe de champagne pour son pote. Il est extrêmement poli, ce qui n’est pas forcément le cas des entourages de tous les joueurs. Il m’a vraiment marqué, beaucoup d’auto-dérision aussi.

 

Edinson Cavani avec Javier Pastore lors de son passage à Palerme (2007-2010)

Edinson Cavani avec Javier Pastore lors de son passage à Palerme (2007-2010)

 

 

Un coach ou un joueur sur lequel tu aimerais écrire ?

Bielsa, mais ça a déjà été fait. Bien mais je pense qu’on peut aller plus loin sur lui. On doit le traiter comme un être humain. Sa dernière conférence de presse, où il dit « Je ne mens pas parce que j’ai peur de la punition divine », c’était génial. Il le pense vraiment en plus. Avant d’arriver à Bilbao, il avait besoin qu’on lui parle un peu de la région, la bouffe etc. donc il contacté un journaliste espagnol pour qu’il lui trouve quelqu’un et c’était… un des prêtres de la ville. Et au bout de quelques heures avec Bielsa, il rappelle le journaliste pour lui dire « j’en peux plus de ton ami là, il m’a énervé ». Il a découvert trois mois plus tard que le mec en question, c’était Marcelo Bielsa.

 

Un sud-américain en France ?

Sur Pastore ou Falcao, je pense qu’il y a des trucs marrants à faire. Sur Javier notamment, avec son premier transfert à Palerme assez particulier. Et pour Falcao, j’aime bien le côté star mais discret, avec sa soeur qui le gère.

 

 

 

« Je vais faire un truc sur le Real de Zidane »

Quel est ton prochain projet ?

Ce que j’aimerais vraiment faire là, ce serait de nouveau des histoires de mecs pas super connus, comme j’avais fait avec Galère Football Club. Avec Claude Gnakpa, qui était déjà dans ce bouquin, on avait notamment le projet de raconter son expérience en Irak. Pour le coup, c’est pire qu’un thriller. Sinon, j’aimerais aussi faire un truc sur la géopolitique, et l’Asie notamment. La Chine on ne se rend pas compte de son importance aujourd’hui. Les histoires de matchs truqués en Angleterre aussi. Je prépare également un roman, Zamora, sur les bandoleros andalous.

 

Dans un autre genre, tu vas bientôt écrire un bouquin sur Zidane aussi. 

Oui, c’était pas du tout une idée à moi. C’est la première fois que je fais quelque chose pour des raisons financières. Mais j’ai dit ok, si je le fais, carte blanche. On va rigoler un peu.

 

On imagine que ça va être très contrôlé quand même…

J’approche même pas les proches de Zidane là, c’est sûr. Mais heureusement qu’il a entraîné les jeunes du Real. Eux ils parlent. J’en ai retrouvé un en D2 polonaise, un ancien deuxième gardien qui a arrêté le foot pour ses études et être docteur. J’ai commencé il y a quelques semaines.

 

Pas un membre de la famille, ni un joueur actuel du Real alors ?

Le Real ne laisse parler personne. Même le 3e gardien, ils ne veulent pas. Les Français pareil, on dirait qu’il faut toujours passer sous le bureau (rires). Guy Lacombe, j’ai même pas eu une réponse au texto. Rien. Je prends que des vents de la part des Français. Donc je me suis dit tu vas pas faire le Zidane coach, même l’éditeur est pas encore au courant (rires), mais plutôt le Real de Zidane. Par le prisme de Zidane, je vais aborder d’autres trucs. Ok, comment il est devenu coach, c’est intéressant. Il a fait notamment une formation de leadership je crois avec Franck Riboud, ex-PDG de Danone. C’est intéressant le côté prise de parole. Y’a aussi sa thèse. J’aimerais bien savoir ce qu’il a fait comme thèse pour son diplôme d’entraîneur. Parce que bon, qu’on me dise qu’il est timide, je m’en fous, je voudrais un truc fouillé. Je vais essayer d’avoir Ancelotti et Benzema aussi, sans le dire au Real (rires).

 

Ils t’ont dit quoi les premiers anciens du Castilla ?

Ils m’ont fait rire. Ils m’ont dit que la première semaine, il disait pas un mot et il bégayait. Mais que trois mois plus tard, ils se faisaient engueuler comme pas possible quand il y avait un souci. Ce qu’il en ressort aussi, c’est que c’est un coach très à l’écoute. Une anecdote m’a surpris : un gardien (Alex Craninx, ndlr) qui joue aux Pays-Bas aujourd’hui, s’était blessé. Et trois jours avant un match, il m’a raconté qu’il était en famille et que Zizou l’avait appelé au téléphone pour connaître l’état de son genou. « Prends le temps de te soigner, tu reviendras et tu seras mon numéro un », lui a dit Zizou. Et tous les jours, pendant la rééducation, il lui a envoyé des messages pour l’encourager. C’est aussi le genre de coach qui arrête l’entraînement pour montrer un geste simple. Il va à l’essentiel et il te montre. Et quand c’est Zidane qui le fait… On va parler de lui en racontant l’histoire du madridismo, celle de ses joueurs aussi, Ramos, Modric… Et donner la parole à ceux qu’on ne connaît pas.

 

Tes livres ou tes vidéos font pas mal parler mais finalement on te connaît peu. Tu peux nous rappeler ton parcours ?

C’est un parcours « interior » aussi. Je suis d’un petit village isérois à la base. La France un peu profonde. Puis après je suis entré à Basketnews et Maxi-Basket quand j’avais 20 ans, puis après j’ai toujours crée des trucs, en indépendant. En même temps, je suis basketteur semi-pro. J’ai habité en Ecosse et je suis parti en Andalousie ensuite. J’ai bossé pour CNN, et France Football un peu, j’ai tenu un blog sur le foot britannique sur lequipe.fr. Je me considère comme auteur et pas comme journaliste. Même si je pense que je fais aussi du journalisme.

 

Donc au départ, tu n’as pas de contact dans le foot ?

Non, rien à la base. Le seul que j’avais c’était Fleury Di Nallo parce qu’il achetait des trucs au marché fruits et légumes où travaillaient mes parents. En général, les joueurs voient qu’ils peuvent me faire confiance donc au fur et à mesure c’est comme ça que j’ai pu me faire des contacts. Je peux parler aussi bien avec David Villa qu’avec un mec de D6 anglaise.

 

 

« Cavani, El Matador » (Ed. Hugo Sport), en librairies depuis le 2 novembre.