Désormais consultants télé, Rio Ferdinand, Frank Lampard et Steven Gerrard sont revenus sur l’échec de leur génération avec la sélection d’Angleterre.  

 

C’était l’une des plus fameuses anomalies du foot des années 2000. Brillants en Premier League et en Champions League, les Anglais n’arrivaient pas à mettre un pied devant l’autre avec la sélection, enchaînant déceptions sur déceptions dans les grands rendez-vous internationaux. Les raisons ? Désormais réunis sur un autre terrain, celui des plateaux télé de BT Sport, Rio Ferdinand, Frank Lampard et Steven Gerrard ont tenté de répondre à la question en marge de Liverpool-Chelsea samedi (1-1). Et pour le premier, l’échec de leur génération dorée est notamment dû à la grande rivalité qui règne entre les clubs de Premier League.

 

« Je ne voulais pas m’assoir et boire une bière avec lui (Steven Gerrard) parce que je ne voulais pas savoir ce que faisait Liverpool. Je crois que ça nous a freinés », explique par exemple l’ex-défenseur de Manchester United mais également de Leeds. L’esprit de compétition était tellement fort que cela a aussi détérioré sa relation avec Frank Lampard, qui disputait le titre avec Chelsea. « On s’est révélés à West Ham ensemble (…) Je suis parti à Leeds puis Manchester United, Frank a été à Chelsea et là notre communication s’est rompue. C’était dû, de mon point de vue, à l’obsession de gagner. Je ne voulais pas voir Frank prendre le dessus sur moi. C’était la même chose avec Stevie (Gerrard) », a-t-il ajouté.

Les maillots floqués Dimitri Payet seront échangés par West Ham

 

 

 

« On s’asseyait à différentes tables »

Même analyse du côté de Frank Lampard. « On se sent tellement passionné quand on joue pour son club, avec ses coéquipiers, qu’être pote avec quelqu’un qui est en compétition avec nous… Cela a freiné l’équipe, confirme l’ancien milieu de Chelsea, international à 106 reprises. On ne se détestait pas mais on s’asseyait naturellement à différentes tables ». Pour Frank Lampard, l’handicap est d’autant plus grave qu’il n’existe qu’outre-Manche : « Beaucoup d’autres nations ont des joueurs qui évoluent dans le monde entier et quand ils se retrouvent, ce n’est pas entre rivaux », affirme-t-il. On peut toutefois citer l’Espagne et la rivalité Barça-Real qui a failli faire des dégâts, notamment lors du passage de Mourinho en Espagne.

 

Steven Gerrard et David Beckham lors du Mondial 2006 (Bestimage)

Steven Gerrard et David Beckham lors du Mondial 2006 (Bestimage)

 

De son côté, Steven Gerrard prend l’exemple du Brésil pour accréditer cette thèse. « Coutinho est toujours impatient de partir avec le Brésil, c’est toujours les meilleurs 10 jours de sa saison. Mais on avait pas ce sentiment avec l’Angleterre », analyse-t-il. Pour l’ex-légende de Liverpool, les choses sont heureusement en train de changer grâce au sélectionneur des Three Lions. « On doit renforcer les liens et la proximité dans l’équipe et je crois que Gareth (Southgate) essaye et cela aidera à avoir des résultats sur le terrain », espère l’ex-capitaine des Reds et désormais coach des U19 du club.

 

 

 

Un problème de sélectionneur ?

Malgré l’un des plus beaux milieu de terrain de son histoire, l’Angleterre a été éliminée en quart de finale à trois reprises (Mondial 2002 et 2006, Euro 2004) avec Sven-Goran Eriksson. Et justement, l’autre cause de ces échecs viendrait du banc. « Je ne crois pas qu’on ait eu un coach assez courageux pour régler le problème de notre milieu », juge Rio Ferdinand. « Sur le papier, on avait les meilleurs milieux du monde : Lampard, Gerrard, Scholes, Beckham, Hargreaves, Carrick… et on jouait dans un 4-4-2 rigide. Quand tu as les meilleurs du monde, tu dois essayer de les faire jouer ensemble », ajoute-t-il, prenant l’exemple de l’Espagne. Steve McClaren n’arrivera ensuite pas à qualifier l’Angleterre pour l’Euro 2008 et Fabio Capello sera éliminé en 8e de finale du Mondial 2010 avec les Three Lions. « On n’a pas eu un coach qui avait la bonne philosophie », acquiesce Steven Gerrard, que l’on retrouvera peut-être un jour sur le banc de Liverpool. Ou de l’Angleterre.