Avant le derby mancunien de ce week-end, José Mourinho avait déjà provoqué plusieurs embrouilles en Liga. Et notamment en 2010, lors d’un déplacement mouvementé à Levante avec le Real Madrid. 

 

Une bagarre, des bouteilles qui volent, un Mourinho couvert d’eau et de lait, un entraîneur adjoint en sang… Dimanche, le derby mancunien gagné par Manchester City (1-2) ne s’est pas vraiment terminé dans la bonne ambiance selon la presse anglaise. En cause ? José Mourinho, venu frapper à la porte du vestiaire des Citizens à qui il reproche de fêter leur victoire trop bruyamment. Le Special One qui se plaint d’un manque de respect ? Cela a de quoi faire sourire bon nombre d’observateurs du foot mais également certains anciens adversaires du coach portugais. Et parmi eux, on pense forcément à Sergio Ballesteros, ex-défenseur de Levante qui a croisé sa route en Liga il y a quelques années.

 

 

Car en 2011, c’est José Mourinho qui s’est fait salement malmené par le rugueux défenseur pour un « manque de respect », justement. Au Real Madrid depuis seulement six mois, le temps de prendre une manita historique par le Barça de Pep Guardiola (5-0), le Portugais va réussir à s’attirer les foudres de Sergio Ballesteros dans un match sans enjeu et un 8e de finale retour de la Coupe du Roi qui doit sceller la qualif’ du Real, large vainqueur (8-0) au Santiago Bernabeu.

 

Pepe et Ballesteros en novembre 2012 lors d'un Levante-Real (1-2)

Pepe et Ballesteros en novembre 2012 lors d’un Levante-Real (1-2)

 

Déjà échaudé par l’attitude arrogante de la bande à Cristiano Ronaldo, alors composée de Mesut Özil ou encore Angel Di Maria – « À l’aller, ils nous disaient des trucs comme « Touche pas mon maillot, tu me salis » », racontera un joueur de Levante -, Sergio Ballesteros, mis au repos, craque à la mi-temps. Laissé en tribunes, celui qui était l’un des plus redoutables défenseurs de la Liga voit José Mourinho blaguer comme jamais devant son banc de touche et balancer des piques à son coéquipier Del Horno. Sans que l’on connaisse précisément l’élément déclencheur, tout ça va le mettre dans une rage folle et au moment du coup de sifflet de l’arbitre, le bouillant défenseur attend déjà Mourinho dans le tunnel.

 

« Tu vas les respecter, oui ? »

C’est à ce moment-là, dans le stade Ciutat de Valencia, que Ballesteros va réaliser le rêve des haters du Special One. « Soudainement, Ballesteros fait deux pas rapides vers Mourinho, raconte le très réputé journaliste d’El Pais Diego Torres, dans son livre Preparense par perder : La era Mourinho (2013). Et en l’attrapant par le col, il le soulève à un mètre du sol contre le mur ». Pas gêné pas la présence de témoins comme Karim Benzema ou Kaka, qui en ont les yeux médusés, l’ex-joueur de Villarreal laisse sa colère et sa rage exploser tandis que José Mourinho tente de se débattre, en vain : « Fils de p*** ! Respecte les professionnels ! Tu m’insultes moi ! », crie-t-il en le regardant dans les yeux. Heureusement pour Mourinho, c’est là que Silvino Louro (52 ans), le coach des gardiens et « garde du corps » officieux de l’entraîneur, entre en jeu. Mais façon Bud Spencer, le défenseur retraité en 2013 va le repousser d’un crochet du gauche, quand l’autre main serre encore José Mourinho par le cou.

 

Forcément, un attroupement a déjà eu le temps de se former. « Sergio ! Tu vas avoir des em****** ! », lui lance alors un des membres du staff de Levante qui tente de le raisonner avec quelques homologues madrilènes. Mais pas de quoi arrêter un Ballesteros toujours rouge de colère : « Tu vas respecter les professionnels ? Tu vas les respecter oui ?! », crie-t-il encore au Special One qui n’en mène pas large et ne peut sortir un mot, la gorge écrasée. José Mourinho va même s’effrondrer quand Ballesteros lâchera enfin prise. « Quelqu’un l’a alors aidé à aller dans le vestiaire des visiteurs. Certains disent qu’il était dans un très mauvais état. Mais il a fait l’effort de s’asseoir sur banc pour la 2e mi-temps », raconte Diego Torres. Peut-être déstabilisés, les joueurs du Real encaisseront deux buts avant le coup de sifflet final.

 

 

 

« S’il préfère la boxe, qu’il arrête le foot »

Après la fin de la rencontre marquée par des « Mourinho, va mourir » venus des tribunes, l’affrontement avec Ballesteros filtre déjà sur une radio espagnole. Mais le futur coach de Manchester United va mieux et ressort un joli numéro d’acteur en conférence de presse. « Je ne sais pas qui c’était, il criait juste parce qu’on allait sortir Pepe et qu’on rigolait apparemment, mais il ne m’a pas attrapé, expliquera le Portugais, accusé d’avoir manqué de respect à son adversaire avec des choix tactiques étranges. J’avais dit que Carvalho et Pepe joueraient une mi-temps chacun. Je ne blague pas, moi. Blaguer, ça aurait été de jouer avec Casillas avant-centre. Nous voulons du respect », insistera José Mourinho, avant d’ajouter ne pas savoir « qui est Ballesteros ». Une version confirmée par le défenseur lui-même : « Il ne s’est rien passé », assurera-t-il, visiblement plus effrayé par une sanction que par Mourinho, même si le club valencien aurait officiellement dénoncé des coups de poings donnés par Silvino Louro.

 

Cet épisode aura toutefois une suite. Quasiment deux ans plus tard, Sergio Ballesteros et Levante vont recroiser le Real Madrid dans l’enceinte de la Ciutat de Valencia (victoire 1-2). Et grosse surprise : l’ambiance ne sera pas forcément meilleure. « S’il préfère la boxe, qu’il arrête le foot », dira Sergio Ramos après une nouvelle bagarre dans les vestiaires entre le défenseur de Levante et Pepe. Sergio Ballesteros avait prouvé qu’il n’avait pas changé. Comme José Mourinho l’a fait hier soir à Old Trafford.