Pour le triste anniversaire de la mort de Robert Enke, son ex-coéquipier Per Mertesacker lui a dédié une touchante lettre. 

 

Robert Enke n’a pas été oublié. Huit ans après son suicide qui avait provoqué un véritable choc, l’ancien gardien d’Hanovre 96, Benfica mais aussi du Barça a inspiré une jolie lettre signée Per Mertesacker et publiée sur le site de sa fondation tenue par sa veuve Teresa Enke. Dans Souvenirs d’un ami, le défenseur d’Arsenal revient sur la bienveillance du gardien, connu lors de ses débuts à Hanovre 96 (2003-2006) puis en sélection allemande, ainsi que son influence positive sur sa carrière. « Robert est entré dans le vestiaire d’Hanovre 96 pendant l’été 2004 et m’a salué : « Ah, bonjour, tu es Per ». Il venait d’Espagne, de Barcelone, et dès le début j’ai eu l’impression qu’il m’appréciait. Il m’a encouragé, m’a permis de croire en mes qualités. Parfois, un jeune de 19 ans ne les voit pas. Et lui m’a transmis sa confiance », se rappelle-t-il.

 

Au sein de la sélection allemande, Robert Enke sera également un soutien de poids pour Per Mertesacker, plus jeune de sept ans. « Quand j’arrivais à l’hôtel pour un match international je faisais deux choses : m’enregistrer et appeler Robert. « T’es déjà là ? Je viens d’arriver. Tu viens dans ma chambre ? ». Et quelques minutes plus tard, on s’asseyait et on parlait de tout et de rien », écrit-il avant d’aborder la maladie qui a entraîné le suicide de son coéquipier et sur lequelle Teresa Enke tente de sensibiliser. « Il faut comprendre que les personnes atteintes de dépression ne sont pas des faibles. Elle peut toucher même les plus forts comme Robert parce que, comme le cancer, c’est uniquement une maladie », insiste l’ancien défenseur du Werder Brême (2006-2011).

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« Pourquoi il ne m’en avait jamais parlé ? »

Comme pour beaucoup de coéquipiers ou de proches de Robert Enke, son suicide à 32 ans, le 10 novembre 2009, a forcément provoqué un séisme et quelques interrogations. « L’annonce de sa mort a été un choc très fort pour moi. Comment il a pu être suffisamment malade pour s’enlever la vie ? Comment je ne me suis pas rendu compte de ce qui se passait ? Et la question qui faisait le plus mal : pourquoi il ne m’avait jamais parlé de sa dépression ? Nous étions amis, et comme on dit, entre amis on se dit tout. Mais j’ai appris que ce silence fait partie des signes de la dépression », explique le numéro 4 d’Arsenal, où Per Mertesacker ne serait peut-être pas arrivé sans l’aide de son ami.