Imposée par le gouvernement il y a un peu moins d’un an, l’interdiction (informelle) des tatouages est toujours en vigueur pour la Chine à la Coupe d’Asie. 

 

Qui a sérieusement envie de porter des manches longues sous 25 degrés ? Pas grand monde mais c’est bien ce que plusieurs joueurs de la Chine sont obligés de faire à la Coupe d’Asie, organisée actuellement aux Emirats arabes unis. La raison : certains membres de la sélection, coachée par Marcello Lippi, ont des tatouages apparents que le gouvernement ne veut plus voir sur le terrain depuis début 2018, même si l’on refuse de parler ouvertement de cette règle. “C’est un détail, je ne veux pas parler de ce sujet”, a par exemple répondu le sélectionneur italien en conf’ de presse, avant qu’un responsable de la communication ne coupe court à la discussion.

 

Chine-Corée du Sud (0-2), le 16 janvier

Chine-Corée du Sud (0-2), le 16 janvier

 

Jallet, Ribéry, Rami… À quoi ressemblait le mercato en juillet 2009 ?

Titulaire pour les trois rencontres de la phase de poule (deux victoires, une défaite), Zhang Linpeng n’a toutefois pas pu tout cacher. Tatoué au cou et aux mains, le défenseur du Guangzhou Evergrande a simplement couvert ses bras avec des manches longues, se pliant à une règle qui l’aurait carrément écarté des terrains en début d’année. Contre les Gallois et les Tchèques (défaites 0-6 et 1-4), où l’on a vu apparaître pour la première fois des joueurs aux bras bandés, son absence annoncée pour blessure a entraîné de nombreuses rumeurs chez des supporters qui ont estimé que ses tatouages étaient la vraie cause de sa non-sélection.

 

Zhang Linpeng au Mondial des Clubs contre le Barça en 2017 - Panoramic

Zhang Linpeng au Mondial des Clubs contre le Barça en 2017

 

Gareth Bale et Wei Shihao lors de Chine-Pays de Galles en China Cup le 22 mars 2018 (Panoramic)

Gareth Bale et Wei Shihao lors de Chine-Pays de Galles en China Cup le 22 mars 2018 (Panoramic)

 

Derrière cette règle un peu spéciale, également imposée à la télévision nationale, il faut y voir le président Xi Jinping. Devenu une priorité et un enjeu majeur en Chine, le foot se doit en effet de montrer ce que les autorités qualifient de valeurs positives. En masquant les tatouages sur la pelouse, le gouvernement vise notamment les parents, que l’on veut inciter à mettre un ballon aux pieds de leurs enfants, dans un pays qui souhaite accueillir le Mondial en 2030 et même le gagner d’ici 2050. Un objectif qui passe par la construction d’une multitude d’écoles de foot et de terrains, en plus des millions investis par les clubs dans la Chinese Super League.

 

 

 

Je déteste toute forme de teintures ou de tatouages”

Du côté des sélectionneurs chinois, certains ont quand même été moins discrets que Lippi sur le sujet des tatouages. “Je déteste toute forme de teintures de cheveux ou de tatouages, avait critiqué Jia Xiuquan, coach de la Chine U19, appellant les jeunes joueurs voulant être sélectionnés à enlever tout ça. Ils doivent se concentrer sur le jeu plus que sur leur apparence”. Qualifiés pour les 8e de finale de la Coupe d’Asie, les Chinois n’ont quand même pas tout perdu : le tatouage peut être apparent aux entraînements. C’est déjà ça.