Son départ du Barça désormais officiel, Andrés Iniesta devrait prendre le chemin de la Chine. Un pays où il fera fructifier son activité dans le vin débutée en 2010. 

 

Un capitaine en larmes et un chapitre de 22 ans officiellement terminé. A 13h30 ce vendredi, la voix d’un Andrés Iniesta (33 ans) ému comme jamais a annoncé ce que tout le barcelonisme redoutait depuis un moment : “Avec cette conférence, je veux vous annoncer ma décision : cette saison est la dernière ici”, a lâché l’enfant du club, arrivé à 12 ans seulement à la Masia. Des adieux tout en pudeur et en retenue qui devraient l’emmener vers une pré-retraite et une aventure beaucoup plus exotique en Super League Chinoise dans quelques mois.

 

 

La Chine plutôt qu’une autre destination comme le Qatar ? Ce choix s’explique d’abord par le pont d’or que lui aurait proposé Chongqing Lifan avec un salaire de 37 millions d’euros par an mais surtout une belle offre concernant… sa bodega, un “facteur clé” dans sa décision selon Marca. Le quotidien expliquait qu’en signant en Chine, devenu le premier consommateur de vin rouge devant la France en 2014, il pourrait y vendre 2 millions de bouteilles par an. Une proposition dure à refuser pour celui qui s’est particulièrement investi dans cette bodega fondée avec son père et sa famille dans sa ville natale de Fuentealbilla (Albacete) et dont la presse espagnole a parfois évoqué des pertes financières régulièrement comblées par le joueur.

 

La bodega Andrés Iniesta

 

 

Une entreprise familiale

Loin d’être un énième business hasardeux de footballeur, ce projet est d’abord un rêve qui prend racine dans les années 80, période où son grand-père possède déjà des vignes à La Manchuela. Un rêve qui prend forme petit à petit quand une décennie plus tard, après des débuts avec le Barça de Van Gaal et un numéro 34 dans le dos, le jeune homme profite de ses premiers salaires en pro pour acheter une parcelle de 10 hectares pour le terrain familial avec son père agriculteur, José Antonio.

 

Pendant que d’autres feront chauffer leur carte bleue pour sortir avec Ronaldinho ou chez les concessionaires Lamborghini de Barcelone, le jeune Iniesta préfère plutôt sortir le carnet de chèque pour les activités agricoles de la famille. “A 16 ans, Andrés était déjà un adulte, jamais capricieux, confiait son père à Expansion.com en 2013. Il savait qu’avoir notre bodega était le rêve de la famille, et il voulait le réaliser avec nous”. Pour participer à l’aventure, “c’est plus lui qui a dû me convaincre”, précise même José Antonio.

 

 

L’année 2010 ne sera donc pas que celle de la Coupe du monde avec la Roja. Désormais, les terrains de la famille atteignent plus de 130 hectares et c’est le moment choisi pour lancer la Bodega Iniesta. Avec des vins (et même de l’huile) qui font forcément référence au foot (Minuto 116 pour son but en finale du Mondial contre les Pays-Bas), des marques comme Corazon Loco – il conseille la version vin blanc pour apprécier un Clasico –  et bien sûr, Andrés pour en faire la publicité avec ce slogan : “la passion se passe à l’intérieur”. “L’idée de boire quelque chose qui vient de ta terre est très valorisante”, expliquait le joueur en 2013.

 

Une bouteille de "Minuto 116"

Une bouteille de “Minuto 116”

 

La bodega Andrés Iniesta

 

A la tête d’une petite entreprise familiale de 30 salariés, Andrés Iniesta et la Bodega devraient sans surprise devoir se mettre au chinois dans quelques mois. Une aventure pour laquelle le joueur devra encore bien s’entourer, lui qui ne se voyait pas vraiment comme un chef d’entreprise à proprement dit : “Moi je suis footballeur, je suis accompagné d’une équipe qui s’y connaît très bien et en qui j’ai une confiance absolue”. Le collectif, toujours.

 

La bodega Andrés Iniesta