Diffusé jeudi à 21h sur RMC Sport, “Erreur” revient sur ces arbitres qui ont vu leur carrière et leur vie basculer sur un seul match. 

 

Si vous sifflez, vous avez des problèmes. Et si vous ne sifflez pas, vous en avez aussi”. Dur de mieux résumer le boulot d’arbitre qu’avec ces mots d’Urs Meier, au sifflet d’un litigieux Portugal-Angleterre à l’Euro 2004. Comme quatre ex-collègues, le Suisse a accepté de figurer dans le documentaire de RMC Sport consacré aux mémorables erreurs de l’histoire du foot. De la main de Vata à celle d’Henry, en passant par Italie-Corée du Sud et la “fucking disgrace”, on découvre comment un fait de jeu a terni leur réputation à jamais, et surtout comment ils vivent avec aujourd’hui.

 

 

L’occasion pour certains de se défendre, à l’image d’un Byron Moreno que toute l’Italie déteste depuis le Mondial 2002. “C’était l’un de mes meilleurs matchs”, assure encore El Justiciero, qui a connu la prison durant sa vie d’après. Chez d’autres, il s’agit plutôt de faire son mea culpa. C’est le cas de Tom Henning Ovrebo, passé de la “fucking disgrace” de Drogba à la psychologie à Oslo. “Nous n’avons pas été au niveau”, assume l’ex-arbitre de l’épique Chelsea-Barça de 2009, dont on oublie souvent les erreurs qui ont favorisé les Blues. S’il reçoit encore des menaces, on le découvre ici plutôt serein et positif : “C’est une bonne chose pour mon métier de psy, car je rencontre des gens avec de vrais problèmes”.

 

 

 

J’ai compris que ça allait faire partie de ma vie”

Autre moment fort : le témoignage de Martin Hansson. Arbitre du fameux France-Irlande et de la main d’Henry, le Suédois semble encore touché quand il évoque ce match, qu’il pensait pourtant avoir réussi au coup de sifflet final. “J’ai ensuite compris que cela allait faire partie de ma vie pour le restant de mes jours”, se rappelle-t-il. La faute, aussi, à des réactions parfois disproportionnées, à l’image d’une classe politique qui s’immisce dans l’affaire. L’homme en noir n’est pas toujours le seul coupable.

 

 

En 1h45 d’images d’archives, de décryptages et d’interviews, où l’on entend aussi les versions des “victimes” (Di Meco, Vassell, Ricardo…), le docu nous permet de mieux saisir la solitude de ces hommes, dont le destin bascule en une seconde. Sans oublier de nous interroger sur le traitement passé et actuel des arbitres, à l’heure où le VAR leur donne toujours moins le droit à l’erreur.