Dans L’Equipe magazine, André-Pierre Gignac raconte son intégration parfaite au Mexique mais aussi Bielsa et les clubs mythiques qui l’ont dragué.

 

Bientôt 4 ans que c’est un “Tigre”. Parti à Monterrey à la stupéfaction générale, Gignac a finalement prouvé à tout le monde que ce choix de carrière n’était pas si fou. “Parfois, j’ai l’impression d’être dans un rêve éveillé, hallucine-t-il encore. C’est comme être dans un film : celui de ma vie”, confie-t-il à L’Equipe mag. Autre preuve de son adaptation parfaite : les tatouages. “Quand je suis arrivé ici, je n’en avais pas un seul. Je n’en voulais pas. Aujourd’hui, je ne les compte même plus ! J’ai presque la moitié du corps rempli de tattoos. Cette culture t’attrape, t’embarque. Elle t’aspire carrément”, assure-t-il.

 

 

À 33 ans, celui qui a fait les démarches pour obtenir la nationalité mexicaine avoue avoir eu un “bon pressentiment” immédiat avec le club de Liga MX. “Quand les Tigres sont arrivés, je savais que ce serait eux. J’avais ça quelque part au fond de moi. J’en suis sûr. Je ne suis pas ici par hasard (…) J’ai dit oui en un jour, on a négocié une nuit. Quatre ans après, je vis à fond tous ces moments. J’ai toujours l’impression d’être un pionnier. Ma passion est totale”, se réjouit-il. En fin de contrat avec l’OM, “son rêve de gosse”, l’attaquant voulait “quelque chose de totalement différent” même s’il trouve des similitudes entre Marseille et Monterrey.

 

 

 

Bielsa m’écrit des petits mots”

Toujours marqué par le club phocéen, dont il regarde tous les matchs, Gignac a aussi évoqué sa relation forte avec Bielsa. “On échange encore par textos ou via son adjoint Diego Reyes, confie-t-il. Marcelo n’aime pas parler. Alors il m’écrit des petits mots. Il m’a envoyé une carte récemment : ‘Félicitations pour tout ce que tu fais aux Tigres (…) Tu sais que je regarde. Tu auras toujours mon estime et mon admiration.’ Il m’a fait changer ma vision du foot. (…) Tous ses petits mots me mettent à chaque fois la chair de poule. Il dit vraiment peu de choses, mais il parle comme personne”.

 

L’actuel coach de Leeds voulait même le voir en Premier League. Quand j’étais en fin de contrat avec l’OM, il voulait que je signe à Manchester United. C’était son objectif pour moi, explique Gignac. Il voulait aussi me galvaniser. Il savait que je kiffais MU. C’est une de mes équipes favorites en Europe à cause de Ruud van Nistelrooy, que j’adorais.” À défaut d’United, celui qui a récemment dépassé la barre des 100 buts au Mexique a attiré des équipes légendaires d’Amérique du sud : “Boca Juniors m’a contacté. Jamais, dans ma vie, je n’aurais pu imaginer que le club de Maradona, ou de Riquelme, m’appellerait. Boca, c’est la Bombonera ! (…) Derrière, j’ai eu Flamengo, un des clubs avec le plus de supporters au monde, le Maracana. On parle de clubs mythiques !”.

 

 

 

L’intérêt du LA Galaxy

En MLS, c’est l’équipe d’Alessandrini qui l’a également dragué. “J’aurais même pu jouer avec Ibrahimovic aussi… Les dirigeants des Los Angeles Galaxy avaient en tête de me faire venir juste avant Ibra pour préparer son arrivée et ensuite de nous associer devant. C’était un beau duo quand même ! Là-bas, il y a une telle population d’immigrés mexicains que j’étais un gros coup pour eux. Mais je n’ai pas réfléchi longtemps. Et si j’étais parti des Tigres, j’aurais été plus attiré par Boca ou Flamengo. Là-bas, il y avait aussi la passion et la vie”, confie Gignac, qui souhaite passer ses diplômes d’entraîneur à la fin de sa carrière. Avec sûrement un Loco comme modèle.