Dans le cadre d’un procès, Canal+ demande 30 millions de dommages et intérêts à cinq hommes accusés d’avoir diffusé illégalement des matchs. 

 

Des pirates au tribunal. Alors que le streaming illégal n’a jamais eu autant la cote chez les supporters, lassés de devoir multiplier les abonnements, la justice vient donner un coup de main aux chaînes. Jeudi, le tribunal correctionnel de Rennes jugeait cinq hommes de 42 à 56 ans accusés d’avoir créé une trentaine de sites diffusant illégalement des matchs (foot, rugby, basket…), entre 2014 et 2017. Ce qui fait que Canal, diffusée gratuitement 24/24h, leur réclame aujourd’hui 29,9 millions d’euros selon l’AFP, tandis que RMC Sport et beIN se sont portés parties civiles.

 

 

Pour moi, ce n’était pas interdit, je n’avais pas conscience”, a justifié Yannick T., l’un des prévenus qui a touché 55.000 euros entre 2014 et 2018. Avec 6,7 millions de visiteurs uniques par mois en moyenne, le site aurait en effet rapporté près de 230.000 euros grâce aux pubs. “Tous les revenus que vous voyez là, ce n’est pas que du streaming”, s’est également défendu Olivier O., créateur des sites, assurant qu’une partie des fonds vient de sites légaux et qu’il n’a que des connaissances “modestes” en informatique. Poursuivi pour blanchiment, il a aussi ouvert des comptes en Suisse et aux îles Vierges et acheté une maison.

 

L’esprit Robin des Bois”

De son côté, Jean Eric M. a évoqué une autre motivation : aider les supporters. “Il y avait plein de gens qui n’avaient pas les moyens de payer des abonnements”, a-t-il rappelé, disant avoir agi “dans l’esprit Robin des Bois”. Les supporters lui disent merci, mais pas Canal.