Gary Johnson sort de l’ombre. Payé par Chelsea pour ne pas révéler des abus sexuels dont il a été victime dans les années 70, l’ex-joueur du club raconte son histoire dans le Daily Mirror

 

Quelques jours après la révélation de l’affaire par The Telegraph, Gary Johnson a décidé de sortir de l’anonymat. Pour retirer sa plainte, l’ancien joueur anglais confirme avoir été payé en 2015. La somme ? 50.000 livres, soit un peu moins de 60.000 euros. “Ils ont peut-être payé d’autres victimes pour acheter leur silence, craint-il. J’espère et je prie pour qu’aucun club ne soit autorisé à cacher cela, personne ne devrait échapper à la justice.

 

Toujours meurtri, Gary Johnson regrette l’attitude de Chelsea à son égard. “Ce qui m’a mis en colère, c’est que lorsque j’ai été leur raconter que j’avais été sexuellement abusé, ils m’ont dit “prouve-le””, ajoute l’ex-joueur, qui assure avoir été victime d’Eddie Heath, recruteur en chef entre 1968 et 1979, et mort dans les années 80 d’une crise cardiaque.

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Des centaines d’agressions

Arrivé au club à 11 ans, Gary Johnson a vu son rêve tourner au cauchemar deux ans plus tard. “J’avais honte, c’était comme si on m’enlevait mon enfance”, confie-t-il. Abusé plusieurs fois par semaines, pendant trois ans, il jouera tout de même au sein de l’équipe première de Chelsea, entre 1978 et 1981, avant de partir en Afrique du Sud. Selon l’ex-joueur, devenu chauffeur de taxi à Londres, trois autres personnes ont été agressées par Eddie Heath à Chelsea. “Les fans du club méritent de connaître la vérité”, ajoute Gary Johnson (57 ans), qui veut encourager d’autres victimes à parler.

 

Alors qu’une autre affaire de pédophilie fait scandale outre-Manche, Chelsea avait publié un communiqué quelques heures après les révélations du Telegraph. Le club dirigé par Roman Abramovitch assurait avoir engagé un cabinet d’avocat pour s’occuper d’une « affaire concernant un employé du club dans les années 70 et qui est décédé ». Sans nier l’accord financier, les Blues disaient être à la disposition de la Fédération anglaise de foot et ont relayé un numéro de téléphone mis en place pour dénoncer les abus sexuels. Un numéro qui aurait reçu plus de 860 appels en une semaine.