Quelques mois après Pep Guardiola, Jorge Valdano a reçu un nouvel invité cinq étoiles pour son émission télé : Figo.

 

Une salle, deux légendes madrilènes. Pour un nouveau numéro d’Universo Valdano, sur Movistar+, c’est Figo qui a pris place sur le (beau) canap’ de l’Argentin vendredi soir. Une longue discussion où il était forcément question de ballon, du Real et surtout du transfert qui a divisé l’Espagne durant l’été 2000. “J’ai passé cinq merveilleuses années à Barcelone, au niveau humain et sportif”, souligne d’abord le Portugais de 46 ans. Pourquoi partir ? S’il est toujours surnommé “Pesetero” en Catalogne, ses envies d’ailleurs portaient selon lui un autre nom que l’argent. “À ce moment-là, le candidat à la présidence du Barça qui a gagné était (Joan) Gaspart et je n’avais pas une once de confiance en lui”, explique-t-il.

 

 

C’est le point de départ de l’historique “trahison”. Pendant que Figo fait une pause en Sardaigne, son agent enchaîne les rendez-vous avec Florentino Perez, magnat du BTP lancé à la conquête du Real. “Les choses sont devenues sérieuses au point d’avoir un accord avec un candidat à la présidence, raconte-t-il à Valdano. Je n’ai pas vu cet accord mais on m’en a parlé : si je n’allais pas à Madrid, je devais payer pour tous les abonnements des socios pendant un an. C’est mon représentant qui avait signé, pas moi. Je n’avais rien de signer avec personne. À Barcelone, on m’a dit donne l’argent et tu peux partir”. 

 

Figo au Barça saison 98/99 - Panoramic

Figo au Barça saison 98/99 – Panoramic

 

Les socios madrilènes vont alors prendre les choses en main. En élisant Florentino Perez mi-juillet, ils valident en même temps l’arrivée de Figo, même s’il faut d’abord le convaincre à 100% : “Tous les protagonistes (agent, avocat) prennent un avion pour venir me convaincre, se souvient le premier Galactique. On retourne à Lisbonne et je me réunis avec Florentino pendant plusieurs heures, jusqu’à tard dans la nuit, puis j’ai appelé ma femme pour lui dire que j’avais pris la décision d’aller à Madrid”. Pour 61 millions d’euros, le montant de la clause libératoire, la star du Barça enfile le maillot blanc Teka et son surnom de “Pesetero”.

 

Présentation de Figo au Real le 24 juillet 2000 - Panoramic

Présentation de Figo au Real le 24 juillet 2000 – Panoramic

 

 

 

La version de Paulo Futre

Mais comme dans tous ces transferts historiques, l’argent a bien joué un rôle. Il y a un an, Paulo Futre, ex-coéquipier de Figo en sélection, racontait une version un peu moins idyllique. En colère contre Gaspart à cause d’un “petit” salaire, celui que le Real avait déjà dragué en début de carrière – quand le coach madrilène s’appelait… Valdano – aurait laissé son agent José Veiga, également représentant de Futre, signer un accord avec Perez avant l’Euro. Sans prendre conscience des conséquences.

 

 

Trois jours avant le résultat des élections, Luis a commencé à voir dans quoi il s’était mis, a raconté Futre dans l’émission El Chiringuito. Il y avait des menaces de mort et quand son épouse s’est rendue compte de tout ça, Luis a dit à Veiga qu’il n’irait “jamais” à Madrid. Le souci c’est que le contrat était signé et que Figo aurait dû payer 35 millions d’euros s’il renonçait à y aller. Donc quand Florentino a gagné, Veiga pleurait et Luis était au bord des larmes”. Avec 7 titres en 5 saisons au Real, les larmes ont pu vite sécher.

 

 

Figo et Van Bronckhorst en novembre 2004 - Panoramic

Figo et Van Bronckhorst en novembre 2004 – Panoramic