Avant Man United-Barça en Ligue des champions, retour sur le passage de Gerard Piqué à Old Trafford et la bourde qui a précédé son départ. 

 

Une vingtaine de matchs, trois saisons et beaucoup d’espoirs déçus. De retour dans sa “deuxième maison” d’Old Trafford mercredi, avec un statut de légende du Barça, Piqué aura laissé une toute autre trace lors de son passage dans le nord de l’Angleterre. La faute à la jeunesse ? Forcément, mais aussi à une boulette ayant tout fait basculer, le 24 novembre 2007. Revenu d’un (bon) prêt d’un an à Saragosse, le Catalan vit pourtant sa meilleure période outre-Manche, où il grappille du temps de jeu aux côtés de Ferdinand : “Ferguson a été comme un second père, il m’avait dit que j’aurai ma chance et il me la donnée, écrivait-il dans The Players’ Tribune l’an dernier. Tout avait bien commencé puis on a été jouer contre Bolton”.

 

 

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Quand Anelka a contrôlé le ballon, je savais que j’avais perdu la confiance de Sir Alex”

A priori, l’affiche n’a pourtant rien de flippante : avec un Anelka tout juste revenu de blessure, Bolton reçoit des Red Devils qu’ils n’ont plus battus à domicile depuis 1978. C’était sans compter sur un ballon aérien signé Ivan Campo, au bout de 11 minutes de jeu. “Je revois encore ce ballon… Je devais marquer Anelka. Un centre arrive dans la surface et je me suis dit : “Je vais être agressif”. J’ai sauté pour le prendre et je l’ai totalement loupé. Comme dans un cauchemar, rage encore Piqué, dont la bourde permet à Anelka de scorer. En tant que jeune défenseur, après une telle erreur, le manager ne peut plus te faire confiance. Quand Anelka a contrôlé le ballon, je savais que j’avais perdu sa confiance et sûrement celle des fans”.

 

 

Pour ne rien arranger, le score en reste là. Victoire inespérée pour Bolton et grosse défaite pour Piqué, qui ne jouera que 12 matchs cette saison au lieu des 25 promis par Sir Alex. Un moment “extrêmement dur” pour le Catalan, qui croit avoir tout perdu quand il apprend l’intérêt du Barça quelques semaines plus tard : “Ça n’avait aucun sens, pourquoi ils me voudraient ?”, se dit-il d’abord.

 

 

 

Cela me fait penser au destin”

Reste Sir Alex à convaincre. Malgré les difficultés d’adaptation de Piqué, l’Ecossais croit au potentiel du futur crack chipé à la Masia. “C’était l’une des conversations les plus dures de ma vie, il m’avait tellement bien traité”, se souvient le numéro 3 blaugrana, qui lui avoue ne plus sentir sa confiance lors d’un rendez-vous dans son bureau. “Il a senti que j’étais sincère et que je voulais rentrer à la maison, donc il a accepté de me laisser partir”, raconte un Piqué toujours reconnaissant, lui qui rentre dans la légende avec le Barça de Guardiola à peine quelques mois plus tard et battra les Red Devils deux fois en finale de C1.

 

Piqué et Anelka en novembre 2007 lors de bolton Manchester United- Panoramic

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Ironie de l’histoire : alors que le deal est en train d’être finalisé entre le Barça et Man United, en avril 2008, les deux clubs se retrouvent en demi-finale de C1 et Vidic se blesse. L’occasion de titulariser Piqué ? Trop risqué au vu du contexte et de son départ annoncé. “C’était la bonne décision”, estime-t-il aujourd’hui, parlant de son erreur à Bolton comme “la meilleure chose qui (lui) soit arrivée dans la vie” : “Cela me fait penser au destin. Et si Sir Alex m’avait gardé une saison de plus pour avoir un plus gros transfert ? Et si je n’avais pas fait cette erreur contre Bolton, les choses se seraient-elles passées de la même manière ?”.