Vainqueur sans surprise d’un quatrième Ballon d’or hier soir, Cristiano Ronaldo a évoqué l’affaire Football Leaks et les 150 millions d’euros qu’il est accusé d’avoir dissimulés dans une interview à L’Équipe et France Football 

 

Son fils a eu beau tenter un dab, la fête était un peu gâchée. Car si Cristiano Ronaldo a reçu un nouveau Ballon d’or, arrivant en tête des votes devant Lionel Messi et Antoine Griezmann, l’attaquant du Real Madrid est accusé d’avoir caché au fisc espagnol pas moins de 150 millions d’euros. De quoi lui gâcher son plaisir ? « Ce serait mentir que de dire non, répond CR7. Bien entendu que tout ça ne m’a pas fait du bien. C’est dur non seulement pour moi, mais aussi pour les gens qui sont à mon côté : ma famille, mon fils, tous ceux qui travaillent avec moi », regrette le joueur.

 

Contrairement à ses premières déclarations – “Qui ne doit rien, ne craint rien” – Cristiano Ronaldo admet cette fois avoir été touché. “Quand ils (les médias) parlent de moi, je ne me sens pas bien. Parce que j’ai bien fait les choses. Il y a beaucoup d’innocents en prison. Et moi, je me sens un peu comme ça. Tu sais que tu n’as rien fait de mal, et ils disent que tu as fait quelque chose de répréhensible », a confié le quadruple Ballon d’or, toutefois confiant : “La vérité finit toujours par éclater. Tôt ou tard.”

 

Des groupes de supporters de six clubs espagnols s'unissent contre les horaires des matchs

 

 

Une enquête lancée le jour même

La vérité, c’est ce que le fisc cherche désormais à connaître. Triste coïncidence, Mediapart révèle que c’est hier, le jour où Cristiano Ronaldo recevait que son Ballon d’or, que le service d’élite du fisc espagnol a ouvert une enquête sur l’attaquant portugais et 36 autres personnalités comme José Mourinho, Angel Di Maria, Pepe, Ricard Carvalho ou encore Jorge Mendes, citées dans l’affaire Football Leaks. Le quotidien espagnol El Mundo, qui fait partie des douze médias du réseau European Investigative Collaborations (EIC) ayant révélé l’affaire, est sommé de livrer sous dix jours ses documents concernant les personnes impliquées.

 

Mediapart parle toutefois d’une décision paradoxale et d’autorités espagnoles “schizophrènes”. “Elles ouvrent en effet une vaste enquête fiscale, alors même que la justice madrilène mène une enquête pénale pour piratage informatique visant notre source, et que le juge chargé de cette procédure tente de censurer la publication des Football Leaks dans toute l’Europe”, écrit le site d’information qui regrette au passage le silence de nombreux médias espagnols. Comme beaucoup d’internautes outre-Pyrénées, Mediapart remarque que Marca, journal pro-Real Madrid, n’a “rien publié sur le sujet”, tout comme le quotidien El Pais qui a même censuré un article sur l’affaire. La direction du journal aurait clairement interdit à ses rédacteurs de parler du scandale.

 

E.R.