Quelques jours après avoir confirmé son choix, la Fédération belge a finalement cédé à la pression et retiré l’hymne de la sélection à Damso qui a publié un extrait de la chanson en réponse. 

 

Les anti-Damso ont gagné. Remise sous pression par des personnalités politiques et le Conseil des femmes francophones, qui accuse l’artiste de sexisme, la Fédération belge est revenue sur sa décision. “Nous déplorons au plus haut point la controverse sociale qui est apparue ces derniers jours, écrit l’Union dans un communiqué. Cette controverse est en contradiction avec tout ce que l’URBSFA représente et éloigne l’attention de toutes les valeurs dont notre Fédération se fait le porte-drapeau. Cela explique pourquoi nous avons décidé (de commun accord) de mettre fin à la collaboration avec Damso”, explique-t-elle avant de s’excuser “vis-à-vis de toutes les personnes qui se sont senties offensées, discriminées ou amoindries à l’occasion du choix en faveur de l’artiste en question“.

 

 

Et la réponse de Damso n’a une nouvelle fois pas tardé. Sur Twitter, le rappeur a tout simplement décidé de publier une minute du morceau en question sans faire de commentaire. Et sans surprise, la chanson n’a évidemment rien de polémique en soi. “Celle-ci nous a (…) énormément charmés de par son message ô combien rassembleur”, assurait même la Fédération il y a deux jours dans un communiqué pour confirmer son choix malgré la pression du Conseil des femmes qui selon eux voulait “profiter” de leur “médiatisation”.

 

À l’origine de la polémique, le Conseil des femmes a déjà montré sa satisfaction. “Parfois faut faire monter un remplaçant“, a écrit la présidente de l’association Viviane Teitelbaum tandis que le vice-Premier ministre Alexander De Croo (libéral) a salué une “bonne décision”.

 

 

 

Les “sérieuses réserves” des sponsors

Depuis quelques heures, la pression était clairement monté d’un cran pour la Fédération, qui n’aura donc pas de chanson officielle pour le Mondial. Après avoir déjà estimé que Damso était “sexiste”, au moment du choix de l’URBSFA il y a quelques mois, le Conseil des femmes en a remis une couche mardi en lançant une campagne pour “mettre le sexisme hors-jeu” et empêcher le rappeur d’être l’auteur de l’hymne. Dans la foulée, l’association a envoyé une lettre pour alerter les sponsors des Diables Rouges qui ont visiblement fait pencher la balance.

 

En tant qu’entreprises socialement responsables, nous sommes tous engagés en faveur de l’inclusion et de l’égalité des sexes. En tant que sponsors officiels (…) nous avons donc de sérieuses réserves quant au choix de cet artiste par l’URBSFA”, ont-ils répondu jeudi soir dans une lettre signée par des dirigeants de BMW Group Belux ou encore de Coca-Cola Services Belux. Joseph Allijns, président du KV Courtrai et membre du conseil d’administration de la Fédération belge, en profite alors pour affirmer son désaccord avec le choix de Damso et lache publiquement l’URBSFA sur le sujet.

 

 

Côté politique, plusieurs personnalités ont également multiplié les coups de pression depuis mardi. La secrétaire d’Etat à l’Egalité des chances Zuhal Demir, membre du parti nationaliste flamand N-VA, a estimé que le choix de Damso n’était “tout simplement pas possible”. “J’espère qu’on va laisser tomber (…) Je ne peux imaginer que l’Union belge veuille associer la marque ‘Diables Rouges’ à cela”, avait-elle indiqué sur un plateau téléestimant déjà que le projet allait être abandonné. Le vice-Premier ministre Alexander De Croo a ensuite fait de même sur Twitter : “On peut chanter ce que l’on veut, mais pas marquer des buts de cette façon”. 

 

 

 

Mardi soir, la Fédération avait d’abord confirmé le choix de Damso. “À l’heure actuelle, la Fédération Belge de Football se trouve, malgré elle, de nouveau face à cette même polémique, mais nous (…) réaffirmons une nouvelle fois notre choix, avait-elle assuré dans un communiqué où elle se félicitait de compter sur Damso. Nous inviterons avec plaisir tous les sponsors de l’URBSFA dans de brefs délais afin de leur faire écouter la chanson et leur (ré)expliquer le processus qui nous a amenés à poser ce choix”. Le pressing politique a visiblement été trop intensif.