Interviewé par la version espagnole de Esquire, Andrés Iniesta évoque une arrivée au Japon plus dure que prévue mais aussi le choc des cultures.

 

Des pubs pour Asics, une web-série pour Rakuten, une rencontre avec le Premier ministre et (toujours) de la magie aux pieds : jusqu’à présent, c’est un Iniesta heureux et parfaitement intégré que l’on a surtout vu au Japon. Mais huit mois après son arrivée, Don Andrés concède avoir traversé quelques difficultés pour cette toute première aventure à l’étranger. “L’adaptation n’a pas été simple, que ce soit au niveau sportif ou familial, parce que les habitudes des Japonais sont radicalement différentes des nôtres”, reconnaît-il dans Esquire. La faute, également, à une Coupe du monde en Russie qui ne lui a “pas laissé beaucoup de temps” pour organiser cette nouvelle vie.

 

 

Si comme sa famille, il se sent désormais “adapté” à un pays qu’il dit adorer, Iniesta (34 ans) a aussi dû se faire à une toute autre atmosphère sur le terrain. En plus de supporters “plus calmes” et “jamais en colère”, l’ex du Barça a remarqué une vraie différence de philosophie chez ses coéquipiers. “Ils vivent la défaite d’une manière totalement différente à la nôtre en Europe, remarque-t-il, se rappelant notamment d’une longue série de défaites à son arrivée. Ils disent “Ok, on a perdu. Et alors ?”. Cette philosophie est ce qui a été le plus dur à assimiler et comprendre, parce que ce sont des compétiteurs mais ils tirent d’autres conclusions dans les défaites”, ajoute le milieu du 10e de J. League l’an dernier.

 

 

 

Au Barça, j’étais vidé”

Pour bien comprendre son environnement, Iniesta compte toutefois sur la langue et des cours qu’il suit attentivement chaque semaine. “Je discute un peu en japonais, assure celui qui vient d’être rejoint par David Villa à Kobe. Mais pour les conversations plus profondes, je fonctionne toujours avec un traducteur, ma vraie bouée de sauvetage qui m’accompagne partout”, précise-t-il également, sans oublier de saluer les efforts de plusieurs coéquipiers ayant appris des mots en espagnol.

 

Iniesta avec son traducteur et prof de japonais

Iniesta avec son traducteur et prof de japonais

 

Plus tranquille” au Japon qu’au Barça, Iniesta perçoit toujours la J. League comme une fin de carrière idéale. Surtout quand on sort de 16 ans dans l’équipe première d’un club aussi médiatisé, avec une tension maximale. “J’avais tout donné, mon corps et mon âme, j’étais vidé, assure-t-il. Je me suis libéré de ça à Kobe. En Espagne, le but était de ne pas échouer. Au Japon, cette pression est différente : je peux échouer mais je vais prendre du plaisir”. Souhaitons lui quand même de réussir.