Interrogé par Guillem Balague pour un livre sorti en 2017, Mauricio Pochettino évoquait l’obsession de Bielsa pour ses adversaires. 

 

Il y en a un que le “Spygate” n’a pas du tout surpris en Angleterre. À Londres, Pochettino savait déjà que Bielsa, qui a récemment envoyé un assistant pour espionner son futur adversaire, était capable d’utiliser ce genre de méthodes. La preuve : le coach des Spurs en avait même ouvertement parlé dans Brave New World: Inside Pochettino’s Spurs (2017)écrit par le journaliste Guillem Balague. “Je ne suis pas aussi obsédé par l’adversaire que l’était Bielsa, disait-il sur l’un de ses grands modèles, connu aux Newell’s Old Boys au début des 90’s. Il demandait même à ses assistants de se déguiser pour observer en douce les entraînements à huis clos de ses adversaires”.

 

Extrait de Brave New World: Inside Pochettino's Spurs de Guillem Balague (2017)

Extrait de “Brave New World: Inside Pochettino’s Spurs” de Guillem Balague (2017)

 

Un rapport montre que les discriminations ont encore augmenté dans le foot anglais

Au-delà de l’anecdote, cela montre aussi que Bielsa (63 ans) disait vrai quand il a avoué pratiquer ce genre d’espionnage depuis des années. “Je suis responsable de cet incident, a-t-il reconnu après que le Derby County de Lampard, finalement battu (2-0), a surpris un membre du staff de Leeds dans les buissons à l’entraînement. Sans essayer de trouver une justification, j’utilise ce genre de pratique depuis les qualifications pour la Coupe du monde 2002 avec l’Argentine, ce n’est pas illégal”, a ajouté celui qui se retrouve quand même sous le coup d’une enquête de l’EFL et de la Fédération anglaise.

 

 

 

Pochettino valide, Lampard accuse

Sans reparler de la technique du déguisement (dommage), Pochettino a également donné son avis sur l’affaire. Et il a évidemment défendu son mentor : “Il n’y a pas de mal à ça, il essaye de chercher des informations et d’en savoir un peu sur ce que fait l’adversaire, pense le coach de Tottenham, évoquant une pratique plus culturelle que sournoise. Cela se faisait déjà il y a 30 ans en Argentine, quand j’avais 18 ans, et pas seulement avec Marcelo. Tous les coachs étaient comme ça, comme Bilardo par exemple, ils avaient l’habitude d’envoyer des gens aux entraînements”.

 

 

Mais que ce soit culturel ou pas, coach Lampard a forcément du mal à l’avaler. Pour lui, c’est tout simplement “mal”. “Cela a perturbé la préparation de ce match, a estimé l’ancienne figure de Chelsea. Bielsa dit que c’est une pratique culturelle mais je suis très surpris de cela. “Tricher” serait un grand mot, mais c’est très limite. J’ai passé 15h à regarder des vidéos des matchs de Leeds cette semaine et c’est ce que font les meilleurs entraîneurs. J’étais un fan de Bielsa et j’ai son livre chez moi, mais je préférerais ne pas être coach plutôt que d’envoyer des gens clandestinement pour espionner l’adversaire !”. Lire celui de Guillem Balague l’aurait peut-être prévenu.

 

 

 

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