Ses racines, ses méthodes et toute son histoire : le Special One est raconté par RMC Sport dans “Mourinho, le film”, jeudi à 21h.

 

Quel autre coach mérite plus un film que lui ? Alors que son show n’a jamais semblé aussi daté, après 20 ans de titres gagnés dans le costume du méchant, Mourinho garde pourtant toujours une part de mystère. Comment est-il passé du coach novateur au champion des bétonneurs ? Comment a-t-il été aussi détesté du public mais aimé de ses joueurs ? Avec Mourinho, le film, RMC Sport donne quelques éléments de réponse en retraçant de A à Z son histoire. Celle d’un gamin de Setubal déjà “spécial”.

 

 

Car avant d’être le coach, José est le fils du coach. Un entraîneur plutôt doué, mais souvent berné par ses dirigeants. La raison ? Felix Mourinho est tout simplement “trop gentil”. L’histoire est méconnue, alors que c’est le début de celle du Special One et l’objectif de sa vie : devenir l’entraîneur que son père n’a pas pu être. Passé par la fac, lançant ainsi la vague des “entraîneurs-professeurs” portugais, l’ex-joueur de second rang débute avec l’étiquette du coach ultra novateur, fin psychologue et surtout offensif. Dur à croire quand on repense à certaines de ses équipes comme à United.

 

 

 

Un homme différent”

Plus qu’un récit biographique, le film se saisit donc des mécanismes complexes du Mou et nous dit pourquoi il a toujours marché à l’adversité. Ce que permet aussi la qualité des (nombreux) témoignages au fil des 120 minutes. De son ancien prof, le philosophe Manuel Sergio, à ses ex-joueurs de Porto (Maniche, Carlos Alberto) et Chelsea (Geremi, Cole, Gallas), en passant par ceux qui ont croisé le “traducteur” du Barça et le sauveur de l’Inter, chacun raconte (souvent avec fascination) son Mourinho et sa carrière vue de l’intérieur. Y compris ses pires heures, comme lorsqu’il perd totalement le contrôle de son personnage à Madrid, en pleine guerre avec son meilleur ennemi Pep, l’homme qui lui a “volé” le banc blaugrana après Rijkaard. Chasse à la taupe du vestiaire, attaques envers la presse, violence sur le terrain… Le Mou innove dans le mauvais sens. “Il m’a dit que j’étais une m**** de journaliste”, se souvient par exemple Anton Meana (Radio Marca), tandis que Benzema se rappelle d’une équipe “trop sous pression”.

 

C’est aussi l’occasion de savourer un best-of de ses conf’ de presse cultes ou moins connues – sa première colère à Benfica, contre son joueur Sabry, vaut le coup d’oeil. Sans oublier d’aborder l’avenir et le Special One 2020, celui qui se veut plus apaisé mais arrive au tournant d’une carrière désormais habituée à tout ce qu’il déteste : la défaite. L’homme de Setubal peut-il se réinventer ? “Je vois quelqu’un de plus calme, un homme différent, croit Serge Aurier depuis Tottenham. Comme quoi, dans la vie, on peut changer”. Récemment, à la sortie d’une victoire à Wolverhampton, le Mou n’a pas fait de provoc’ : il a parlé de son défunt père, venu dans ce même stade 50 ans plus tôt, et d’un sentiment  “spécial”.