Tête de gondole du foot sur Canal+ depuis deux décennies, Hervé Mathoux reste pourtant l’un des animateurs les plus discrets du PAF. Invité de Tout et son contraire sur France Info, le meneur de jeu du Canal Football Club revient sur ses débuts au sein de la chaîne cryptée et se confie sur son étonnante passion.

 

Il a beau garder un air d’éternel trentenaire, Hervé Mathoux a commencé la télé en… 1990. Pour ceux qui n’ont pas connu les soirées Ligue des champions avec Roger Zabel, il est d’abord stagiaire puis grand espoir de TF1. Mais repéré par Michel Denisot en 1998, l’animateur fait le grand saut pour Canal+, alors considérée comme la chaîne des vrais connaisseurs du football. « Je venais de la boîte à cons (le surnom de TF1 dans Les Guignols, ndlr), ça a été difficile », reconnaît Hervé Mathoux, désormais bien installé à la table du Canal Football Club chaque dimanche. Et le défi est d’autant plus dur que la chaîne cryptée n’a pas, à cette époque, « la culture de l’apport extérieur ». « Canal avait la culture du ‘on fait tout mieux que les autres’, ce qui n’était pas totalement faux, explique-t-il à Philippe Vandel. Les gens ne comprenaient pas trop pourquoi on était venu me chercher chez TF1. »

 

 

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« Il y avait du sang sur les murs »

L’adaptation est alors aussi dure pour lui qu’un Brésilien qui débarque à Sochaux. « J’ai eu trois, quatre ans difficiles tout en ayant des émissions régulières mais il y a eu de plus en plus d’arrivées chez Canal, du coup, je ne serai jamais un historique mais je suis devenu avec le temps, un ancien », estime-t-il. Visage reconnu de la chaîne, qui lui confie des marques fortes comme Jour de foot ou L’Équipe du dimanche, Hervé Mathoux sort même de sa zone de confort pour jouer les jokers de La Nouvelle Édition en 2014. C’est pourtant Daphné Bürki qui remplace Ali Baddou à la tête de l’émission en septembre 2015. « Il y a eu de grands changements à Canal, note Hervé Mathoux, sans citer Vincent Bolloré. Je n’aurais pas abandonné le CFC pour faire La Nouvelle Édition mais peut-être en remplacement plus souvent, effectivement ça m’aurait plu. »

 

Une petite amertume vite allégée par le plaisir de présenter chaque dimanche le CFC aux côtés de Marie Portolano, Dominique Armand et jusqu’à l’été dernier, Pierre Ménès. À quelques jours du retour de ce dernier dans l’émission, après une double greffe foie-rein en décembre, Hervé Mathoux revient sur les premiers pas plutôt houleux de l’ex-journaliste de L’Équipe. « Je dirais que son arrivée a bouleversé un petit peu le paysage mais il était là pour ça, analyse son complice. Il y avait du sang sur les murs, j’ai passé les premiers mois à éponger les brèches que Pierre avait ouvertes la veille. Jusqu’à ce que je décide, 1, de ne plus le faire, et 2 qu’il a finalement trouvé sa place dans le paysage, et je ne dis pas qu’il n’y a pas eu parfois des tensions mais tout ça est rentré dans l’ordre. »

 

Hervé Mathoux et le CFC

Hervé Mathoux et le CFC

 

 

Jour de théâtre

Foot, télé… Si tout ça fait d’Hervé Mathoux (50 ans) un nom incontournable de la culture populaire, l’animateur prend parfois la direction de terrains bien plus confidentiels. L’ex-gardien de l’ASPTT de Clermont vibre autant pour un PSG-Barça que pour… du théâtre classique. « Je ne suis pas passionné par le théâtre classique mais j’ai fait des études de lettre, donc oui, je suis capable de m’émouvoir en lisant Phèdre », assume-t-il. Heureusement que Pierre Ménès et ses vannes ne reviennent que dans quelques jours.

 

Hervé Mathoux en compétition de footgolf, en mars 2014

Hervé Mathoux en compétition de footgolf, en mars 2014 – Bestimage

 

V.L.