Après la découverte du mot « raciste » tagué sur sa maison avant l’Euro 2016, Didier Deschamps s’était dit « très affecté ». Il revient aujourd’hui sur cet épisode mouvementé dans les colonnes de L’Équipe

 

Si l’Euro 2016 s’est déroulé dans la bonne ambiance, Didier Deschamps a aussi vécu quelques semaines agitées avant le début de la compétition. Début juin, sur un mur de sa résidence secondaire à Concarneau (Finistère), avait été tagué le mot « raciste ». Une expérience forcément difficile à digérer pour le sélectionneur des Bleus, alors pointé du doigt après avoir écarté Karim Benzema et Hatem Ben Arfa, mais aussi pour des membres de sa famille.

 

« Ma petite filleule, une petite Malienne adoptée, est passée devant ma maison, raconte aujourd’hui le champion 98 dans L’Équipe. Elle a vu le mot ‘raciste’. C’est violent. »

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« Ma famille, on n’a pas le droit d’y toucher »

À cette époque, sa liste des 23 pour l’Euro 2016 ne fait pas que des heureux. Sa décision de ne pas sélectionner Karim Benzema et Hatem Ben Arfa est vivement critiquée, y compris par des figures comme Jamel Debbouze ou Eric Cantona, qui sous-entend dans une interview que les joueurs ont peut-être été écartés en raison de leurs origines. Dans une interview au journal Marca, l’attaquant du Real Madrid estime même alors que le sélectionneur a “cédé à la pression d’une partie raciste de la France”.

 

Mais s’il n’a pas de mal avec les critiques concernant ses choix sportifs, Didier Deschamps ne tolère pas que l’on déborde sur la sphère privée. « Ma famille, on n’a pas le droit d’y toucher. Il y a des choses inacceptables que je n’oublierai jamais. Les tags sur ma maison en Bretagne, ma famille n’est pas censée subir ça », confie-t-il aujourd’hui.

 

 

 « Tout cela a dépassé les bornes »

Un triste épisode qu’il a d’autant plus mal vécu que cette résidence secondaire se trouve à Concarneau, fief de son épouse Claude. Cela a donc clairement « dépassé les bornes » pour l’ancien coach de l’OM qui a lancé une procédure judiciaire contre Eric Cantona. « Cette fois, un cap a été franchi, déclarait le 5 juin, Me Brusa, l’avocat de Didier Deschamps. Ce ne sont plus seulement des mots. Un ou plusieurs individus ont pénétré semble-t-il par effraction dans sa propriété du Finistère pour écrire cette insulte. Didier ressent cela comme une atteinte à sa vie privée, une atteinte d’une violence inouïe.»

 

Aujourd’hui, l’actuel coach des Bleus, qui occupe la première place du classement des «30 qui font le foot français» établi par L’Équipe, est formel : il assure qu’il ira jusqu’au bout contre son ancien coéquipier chez les Bleus, souhaitant rappeler à chacun qu’il est « libre des propos qu’il tient » mais qu’il « faut les assumer ».

 

 

Karim Benzema et le possible retour

Quant à Karim Benzema, Didier Deschamps ne lui en tient pas rigueur. Le sélectionneur ne ferme toujours pas la porte à un possible retour de l’attaquant au sein de l’équipe de France. « D’autres joueurs on pu tenir des propos désagréables à mon endroit et ça ne m’a pas empêché de les reprendre en équipe de France », confie-t-il. Et tant pis pour la partie “raciste” de la France.

 

 

V.L.