Victime d’insultes racistes lors d’un match de championnat avec Wilstermann (Bolivie), Serginho a quitté la pelouse à quelques minutes du coup de sifflet final. 

 

Nous sommes bien en 2019 mais rien ne change. Quelques mois après Koulibaly en Italie ou Sterling en Angleterre, c’est en Bolivie que le racisme a encore entaché une rencontre. Lundi, à cinq minutes de la fin de Blooming-Wilstermann (2-0), Serginho (34 ans) allait tirer un corner quand de nouvelles insultes envoyées par les supporters adverses l’ont décidé à quitter la pelouse. Réaction de l’arbitre ? Laisser le match se poursuivre, alors que l’attaquant brésilien l’avait déjà prévenu des cris venus des tribunes quelques minutes plus tôt.

 

 

Autre preuve du gros malaise : le commentateur bolivien de la chaîne Tigo Sports. “Quand on choisit ce métier, on sait ce que l’on risque. Attention, nous ne cautionnons aucun acte raciste et jamais nous le permettrons, mais vous êtes footballeur. Vous savez où vous allez (…) on ne peut pas abandonner son équipe comme ça”, a-t-il carrément jugé en direct, pendant que Serginho, arrivé en Bolivie en 2017 après une carrière passée dans son pays natal, rejoignait les vestiaires.

 

 

D’autres ont toutefois eu des réactions plus sensées. Blooming a dénoncé le comportement de ses hinchas dans un communiqué, tandis que Ramiro Ballivian, coéquipier de Serginho né dans les Yungas, où vivent de nombreux Afro-Boliviens, a qualifié l’incident de “honte pour (son) pays”. “Des Boliviens sont noirs”, a-t-il même rappelé sur Twitter. Si dans le foot, le sélectionneur national a demandé des sanctions, l’incident est aussi remonté jusqu’au président Morales. “Nous sommes solidaires de Serginho, a-t-il tweeté. Le football est un sport qui unit les peuples, nous ne devons pas permettre qu’il soit sali avec ces actes discriminatoires”.

 

 

 

Le geste de protestation de Serginho, déjà victime de racisme sur d’autres terrains en Bolivie, pourrait désormais entraîner des sanctions financières et sportives pour Blooming. Après avoir déposé une plainte, Wilstermann a réclamé “une sanction maximale” pour en finir avec ces comportements.