Annoncé comme le “footballeur le plus riche du monde” grâce à sa société de biochimie, Mathieu Flamini dément dans une excellente enquête signée 20minutes.fr

 

“Fortune”, “Net Worth”, “Entreprise”, “Business”… Il suffit de soumettre son nom à Google pour voir que Mathieu Flamini n’est pas un joueur comme les autres. Encore présenté comme le “footballeur le plus riche au monde” par plusieurs médias à la suite d’un article de Forbes sur sa société de biochimie, le milieu de Getafe n’a pourtant pas la même perception des choses. “Depuis que le magazine Forbes a sorti son article, je lis tout et n’importe quoi à mon sujet dans la presse, a-t-il réagi sur 20minutes.fr. J’entends dire que notre entreprise vaut 30 milliards de dollars, que je suis le footballeur le plus riche du monde, c’est n’importe quoi…”, dément-il.

 

 

Depuis plusieurs années, cette info revient régulièrement sur les réseaux sociaux et dans certains médias. Et elle vient donc de faire un énième retour après un article de Forbes qui vient d’évaluer la société de Mathieu Flamini à 30 milliards de dollars suite à son incursion aux États-Unis. Sauf que le montant n’aurait aucun rapport avec la fortune du joueur passé par l’OM ou encore Arsenal et qu’il correspond plutôt à celui “du marché global” sur lequel la société se positionne. “Ce n’est tout de même pas la même chose !”, conteste le joueur né à Marseille.

 

 

 

Mathieu Flamini pour sauver la planète

En 2008, alors qu’il évolue au Milan AC, Mathieu Flamini crée la société GF Biochemicals avec Pasquele Granata, diplômé en économie. Un scientifique italien leur parle alors de l’acide lévulinique, une molécule qui pourrait se substituer à des éléments comme le plastique ou le pétrole et classée parmi “les douze molécules pouvant contribuer à sauver la planète” par le département américain de l’Energie – même si l’un des experts contactés par 20minutes.fr juge cela “excessif”. Le duo se lance alors un pari : tenter de produire l’acide lévulinique à l’échelle industrielle. Financement de recherches, rachat d’entreprises du secteur… GF Biochemicals pourrait également compter sur plusieurs brevets pour tenter de sauver – en partie – le monde et gagner beaucoup d’argent.

 

Mais Getafe serait encore loin d’avoir le joueur le plus riche du monde d’autant que selon Janos Sapi, enseignant-chercheur à l’Institut de chimie moléculaire de Reims contacté par 20minutes.fr, la société “exagère” quand elle prétend être la seule au monde à pouvoir produire cette molécule en quantité industrielle. Autre élement rendant cette histoire mystérieuse, le business de Mathieu Flamini (34 ans) est également apparu fin 2017 dans l’affaire des Paradise Papers sur l’évasion fiscale de personnalités et d’entreprises via des sociétés offshore. Pour sauver le monde, on espère que Mathieu Flamini a plus misé sur la biochimie que sur des montages douteux.