Pour son arrivée à Lille en 2008, Florent Balmont a droit à un cadeau dont il se serait bien passé : un home-jacking. Presque dix ans plus tard, le milieu est revenu sur cet événement traumatisant dans L’Équipe

 

Si Florent Balmont est du genre rugueux sur le terrain, le “Pitbull” s’est cette fois retrouvé impuissant. Le 4 octobre 2008, à 5 heures du matin, trois hommes cagoulés et armés défoncent la porte de sa maison de Marcq-en-Baroeul et montent dans les chambres. “On comprend vite qu’il s’agit d’une agression (…) Ils mettent ma femme au sol. Ils me mettent au sol. Avec le pétard sur la tempe”, se souvient-il. Les malfrats forcent l’ex-milieu de Nice a trouvé les clés de son Audi A5 qu’ils n’arrivent pas à démarrer. “Dans la panique, je ne les trouve pas. Une personne surveillait ma femme et mes enfants dans la chambre du haut. Les deux autres étaient avec moi, en bas, pour chercher (…) Quand on a un flingue sur la tempe… On peut être le plus fort du monde, on ne fait pas le malin”, reconnaît le joueur qui a eu, pendant huit minutes, une arme braquée sur la tempe.

 

La famille s’en tire sans blessure physique mais bien psychologique. Sa fille de quatre ans, qui sera suivie par un psychologue pendant “très longtemps”, a notamment tout vu. “Le plus terrible, c’est l’après (…) Elle a été marquée pendant des années”, regrette Florent Balmont, dont la femme a heureusement “très bien géré” pendant ces “moments difficiles”. Le joueur de Dijon garde toutefois quelques images en tête : “Ils sont revenus me chercher dans la maison. Pour me ressortir afin que je la démarre. À partir de là, j’ai cette image en tête. Je ne me retourne pas mais je me dis : “Je vais me prendre une balle”.

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Il rejoue dès le lendemain

Pour tenter de chasser ce mauvais souvenir au plus vite, l’ex-joueur de l’OL fera le choix de jouer dès le lendemain contre Valenciennes. “Beaucoup m’ont demandé comment j’avais fait, se rappelle-t-il. Je voulais rejouer tout de suite pour un peu oublier. Même si on n’oublie pas.” La suite sera quand même compliquée, avec deux enfants qui ne “dormaient plus”. Mais la famille du joueur de 36 ans pourra compter sur le soutien des “potes” et des femmes de joueurs avant de remonter la pente petit à petit”.

 

Preuve en est la longévité de l’aventure lilloise de Florent Balmont, resté huit ans au club. L’ex-Dogue reconnaît même que cela a été “très dur” de quitter le nord. “Beaucoup de choses positives sont survenues dans ce département. Ce sont celles que je retiens. On a rebondi. On se sent bien aujourd’hui à Dijon», confie-t-il. Quant aux trois agresseurs, qu’il n’a jamais voulu revoir, ils ont été retrouvés et condamnés à de la prison en juillet 2014. La peine la plus lourde était de cinq ans de prison dont trois avec sursis et mise à l’épreuve.

 

E.R.