Soupçonné de racheter le club via des paradis fiscaux, le futur boss du LOSC Gérard Lopez s’explique. 

 

À quelques jours de l’officialisation de son rachat du LOSC, Gérard Lopez intrigue encore. Car si l’homme d’affaires hispano-luxembourgeois multiplie les promesses ambitieuses, le futur boss du club traine aussi une réputation sulfureuse. Mais le plus inquiétant est cette enquête parue lundi et basée sur des documents de « Football Leaks ». Mediapart, France 3 et Mediacités y qualifient ses pratiques de « troubles » et évoquent l’existence d’une société immatriculée aux îles Vierges britanniques, un paradis fiscal, pour acquérir le LOSC.

 

Résultat, Gérard Lopez (45 ans) se défend dans une interview à l’AFP où il tente de jouer la transparence. “Pour éviter les problèmes, on a créé une société française qui va détenir le LOSC, a-t-il annoncé aujourd’hui. Toutes les parts de cette société seront détenues par Victory Soccer, société basée à Londres qui m’appartient à 100 %”. Au passage, il confirme également que le rachat du club serait effectif dans les prochains jours : “Il le sera tel que prévu, c’est-à-dire d’ici vendredi. Le rachat des actions est signé depuis longtemps, il reste juste quelques détails entre M. Seydoux et moi, de simples papiers.

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Problème, Mediapart a rapidement contre-attaqué. Pour le site web, il s’agit “d’un gigantesque enfumage”. “Même s’il y a une filiale française en dessous, Victory reste détenue au bout du compte par la coquille offshore Incredible Wealth aux îles Vierges. Donc le Losc aussi. Du moins, lorsque le rachat sera effectué”, écrit le pure-player d’Edwy Plenel.

 

 

 

Un montage financier pour racheter le LOSC ?

Mediapart annonçait lundi que Gerard Lopez avait effectué un montage financier complexe pour racheter le LOSC, après ses échecs pour mettre la main sur Lens et l’OM. L’ex-boss de l’écurie Lotus F1 aurait pu acquérir le club nordiste via la société britannique Victory Soccer détenue par Chimera Consulting Limited, holding basée à Hong Kong et qui appartiendrait à une société offshore des îles Vierges britanniques, Incredible Wealth. Problème, le montage est tel qu’il est “impossible de vérifier si Gérard Lopez est bien l’actionnaire d’Incredible Wealth, donc du Losc», selon le site. Ce dernier assure par ailleurs que les comptes en banque de l’homme d’affaires affichent des revenus modestes et qu’il investit le plus souvent “l’argent des autres” ou s’«endette, sans qu’on sache jamais d’où vient l’argent”.

 

Estimant être dans la légalité la plus totale, Gérard Lopez répond alors une première fois. «Médiapart fait une présentation tronquée et biaisée des informations qui lui ont été transmises, réagit celui qui veut “titiller” le PSG en Ligue 1, via un communiqué. Le LOSC n’a aucunement été racheté par une société domiciliée aux îles Vierges Britanniques. Gérard Lopez agit et investit en toute transparence, en toute légalité et dans le respect des réglementations des différents secteurs. Il ne nous semble pas nécessaire de commenter davantage cet article dont nous contestons fermement le contenu.»

 

 

Michel Seydoux prend sa défense

De son côté, Michel Seydoux a défendu son successeur quelques heures plus tard :« Je ne vois rien à charge, directement, impliquant Gérard Lopez sinon des suppositions faites par des papiers plus ou moins bizarres, a-t-il estimé sur France Bleu Nord. Qu’on ait une entreprise à Hongkong, aux îles je-ne-sais-pas-où ou à New York, ce n’est pas pour ça qu’on est un fraudeur et qu’on est quelqu’un de pas fréquentable. »

 

En attendant, la DNCG (Direction nationale de contrôle de gestion) auditionnera le club demain matin, mercredi 18 janvier. Le futur patron du LOSC ne sera pas là mais le nouveau directeur général du club, Marc Ingla, sera bien présent. Et le recrutement pourra ensuite commencer avec l’arrivée de plusieurs joueurs et peut-être même d’un coach que beaucoup aimeraient revoir en Ligue 1 : Marcelo Bielsa.

 

E.R.