Avant de tirer sa révérence contre le Vissel Kobe d’Iniesta, Torres a vu son ami et ex-coéquipier lui dédier une superbe lettre dans El Mundo

 

La fin de la récré a (malheureusement) sonné pour El Niño. À 35 ans, la légende a fait ses adieux vendredi lors de Sagan Tosu-Vissel Kobe, pour une lourde défaite (1-6) ne lui ayant pas permis d’ajouter un 301e but à sa carrière. Un départ qui fait forcément mal au coeur, à commencer par celui de son pote Iniesta, auteur d’une lettre parfaite avant leur dernières retrouvailles. “Que c’est étrange, écrit Don Andrès. Ne me dis pas non, Fernando. C’est très étrange, je dirais même magnifiquement étrange. Nous sommes tous les deux, sur le point de jouer pour ton dernier match en pro (…) à l’autre bout du monde. C’est comme si la vie, cette vie imprévisible, nous avez emmenée au Japon pour nous dire adieu”, remarque-t-il.

 

 

Bien avant de devenir les ambassadeurs cinq étoiles de la J. League, les chemins de Torres et Iniesta se croisent à 14 ans, sous le maillot des jeunes cracks de l’Espagne. Le début d’une longue histoire d’amitié et de trophées historiques pour leur pays. “Nous nous sommes rencontrés quand nos rêves étaient utopiques. Ce but à l’Euro U16, contre l’Angleterre, je n’oublierai jamais comment tu me l’as dédié. Je regardais la télé, parce que j’avais dû rentrer chez moi à cause d’une blessure. (…) Depuis nous sommes toujours ensemble”, souligne Iniesta, sans oublier d’évoquer son but de la finale du Mondial 2010, après un centre de Torres. Ce même Niño qui, après un Mondial U17 raté à Trinité-et-Tobago, lui avait écrit sur un maillot qu’ils seraient un jour champions du monde “ensemble”.

 

 

 

Un lien que leurs couleurs en club n’ont jamais pu séparer, “jusqu’au dernier moment”. “Nous vivions dans des villes différentes, se souvient l’icône blaugrana. Mais jamais nous n’avons été des ennemis. Simplement des amis qui portaient un maillot différent, unis par une peau roja”, se réjouit-il, avant d’évoquer le retour d’El Niño à l’Atlético. “Cela m’a ému parce que le foot, au-delà des succès ou des échecs, est une manière de comprendre la vie. Et toi, Fernando, tu été digne de ce sport, notre sport. Je ne parle pas de tes buts, il y a longtemps que je ne peux plus les compter, ni des titres (…). Je parle de ton comportement, ton respect au jeu, aux coéquipiers, à l’adversaire et bien sûr, au ballon. Ce ballon que l’on a commencé à se passer sur des terrains anonymes, loin des projecteurs (…) avant de gagner un Mondial pour notre pays. (…) Il n’y pas de plus grand trésor que ton amitié, Fernando”. 

 

 

 

 

Qui aurait pu l’imaginer ?”

Beau, comme cette conclusion de Don Andrés, parlant d’un “merveilleux voyage” avec son ami “aux quatre coins du monde” : “Regarde où nous sommes aujourd’hui. À Tosu, pour jouer un match toi et moi. Un de plus. Mais ce n’en est pas un. C’est ton dernier match. Qui aurait pu l’imaginer ? Tu affrontes le Guaje Villa et moi. Ensuite, tu reviendras à la maison. Les tiens t’attendent, même si tu dois savoir que le ballon sera aujourd’hui plus triste qu’hier. Profite de tout ce qui t’arrive et sois heureux. Mais que c’est étrange, Fernando. Tu n’es pas encore parti et tu me manques déjà”, regrette celui qui a marqué lors du match avant de sortir sur blessure. Sans surprise, ces mots ont “ému” Torres. Et nous avec.