Après les célébrations très politiques de Xhaka et Shaqiri avec la Suisse, la Fédération serbe réclame des sanctions à la FIFA. 

 

Plus qu’un match et plus qu’une défaite. Battue par la Suisse hier soir (2-1), la Serbie a surtout eu droit à un double-chambrage des buteurs helvètes sur fond de politique. Né en Suisse de famille kosovare, Granit Xhaka a d’abord mimé des deux mains l’aigle du drapeau albanais (52e) avant d’être imité par son coéquipier Xherdan Shaqiri (90e). Celui qui a donné la victoire à la Nati est quant à lui né au Kosovo, ancienne province serbe majoritairement albanaise dont il portait aussi les couleurs sur ses crampons.

 

 

 

Une provocation honteuse” pour la presse serbe mais également pour la Fédération. Via son secrétaire général Jovan Surbatovic, la FFS a ainsi annoncé qu’elle allait officiellement demander des sanctions à la FIFA pour se plaindre des célébrations et même des crampons de Shaqiri, en plus d’un penalty oublié en sa faveur et la non-utilisation de la vidéo. Mais si la FIFA proscrit tout symbole politique, il est difficile d’imaginer des sanctions contre les joueurs d’autant que l’Albanie et le Kosovo sont membres de l’organisation. L’article 54 prévoit toutefois deux matchs de suspension et 4.300 euros d’amende pour “provocation du public” au cours d’un match.

 

 

C’est juste de l’émotion”

Après la rencontre, Shaqiri n’a pas voulu plus polémiquer avec la Serbie, pays qui refuse toujours de reconnaître l’indépendance du Kosovo. “Vous avez vu ce que j’ai fait, c’est juste de l’émotion, je suis juste heureux d’avoir marqué, on n’a pas à parler de ça”, a répondu le joueur de Stoke City. De son côté, Granit Xhaka a assuré que sa célébration “n’était pas prévue” tout en la dédiant à ses proches.  “Cet aigle, c’était pour tous ceux que j’aime et qui ont été à mes côtés. C’était un match très particulier, pour Xherdan, Valon (Behrami, son coéquipier de la Nati né dans le nord du Kosovo, ndlr), moi-même, tout le monde le savait”, a expliqué le joueur d’Arsenal, dont le frère a choisi d’évoluer avec la sélection albanaise.

 

L’année dernière, Granit Xhaka avait expliqué l’histoire de son père Ragip, emprisonné pendant trois ans et demi par le régime de Belgrade contre lequel il manifestait alors qu’il était étudiant. “C’était un Kosovar fier et il pensait qu’ils avaient le droit d’exister. Il se battait pour ses droits qui étaient des droits démocratiques de base comme le pouvoir de voter”, confiait-il au Guardian. Finalement libéré au début des années 90, le père s’est réfugié en Suisse où naîtra le joueur.

 

 

 

On ne devrait pas mélanger la politique et le football”

Natif de Sarajevo, en Bosnie-Herzégovine, le sélectionneur de la Suisse a plutôt essayé d’éteindre l’incendie. “On ne devrait pas mélanger la politique et le football, a expliqué Vladimir Petkovic à Kaliningrad. Il est bien clair que les émotions ressortent, et c’est ce qui s’est produit. Mais nous tous sur le terrain, et en dehors, nous devons nous éloigner de la politique dans le football et se concentrer sur ce beau sport qui regroupe les gens” a-t-il ajouté pendant que le président du Kosovo, Hashim Thaci, félicitait les deux joueurs : “Fier de vous! Le Kosovo vous aime !”.