Après un nouveau rapport dénonçant les salaires non-payés d’ouvriers au Qatar, la FIFA assure qu’ils ne sont pas liés au Mondial 2022.

 

La FIFA n’a encore une fois pas tardé à réagir. Au lendemain d’un rapport alarmant publié par Amnesty International sur les salaires des ouvriers, les boss du foot mondial ont rapidement contre-attaqué. “Il n’y a pas de raison de croire que cela se soit produit dans le cadre d’une construction liée à la Coupe du monde 2022, explique l’instance. La société nommée dans le rapport n’est pas employée sur un chantier de construction de la Coupe du Monde Fifa 2022 et nous n’avons aucune information suggérant qu’elle travaille sur un autre site directement lié à la livraison du tournoi”. 

 

Visiblement agacée de voir l’image de son Mondial au Qatar encore ternie, la FIFA dénonce une confusion faite par Amnesty International. “Relier les abus portant atteinte aux travailleurs à la construction d’un chantier de la Coupe du Monde de la Fifa simplement par le fait que le match d’ouverture et la finale seront joués dans cette ville (Lusail, ndlr) nouvellement construite est extrêmement trompeur”, poursuit la Fifa, qui “regrette qu’Amnesty Internationale ait formulé sa déclaration publique de manière aussi trompeuse”.

Perisic à Sochaux, Anelka à la Juve… 11 photos auxquelles on n'arrivera jamais à se faire

 

 

10 mois de salaires non-payés

Après Human Rights Watch, qui s’était inquiété de voir des ouvriers perdre la vie sur les chantiers, Amnesty International s’est aussi intéressé au Mondial 2022. Mercredi, l’ONG affirmait que des ressortissants du Népal, d’Inde et des Philippines avaient des arriérés de salaires de 1.700 euros de la compagnie d’ingénierie Mercury MENA, ce qui représente l’équivalent de dix mois de revenus pour certains et de nombreuses vies déjà ruinées.

 

En veillant à ce qu’ils reçoivent leurs salaires, le Qatar peut (…) montrer qu’il est sérieux dans (sa volonté affichée) d’améliorer les droits des travailleurs”, réclamait Steve Cockburn, directeur des questions mondiales à Amnesty International. Si l’ONG a interrogé 78 travailleurs de l’entreprise, le nombre d’employés touchés pourrait atteindre des centaines. Il y a “des problèmes de trésorerie”, avait avoué le PDG de Mercury MENA en novembre.

 

Dans son rapport, Amnesty International met en cause le “kafala”, un système obligeant le travailleur étranger à avoir un “parrain” local pour changer d’emploi ou quitter le pays d’accueil, et qui aurait encouragé cette exploitation. Doha a pourtant assuré que ce système devait être abandonné et que les conditions de travail s’étaient améliorées, avec notamment l’instauration d’un salaire minimum. “Il y a quelques améliorations, quelques réformes, mais c’est lent (…) et le temps presse”, estime May Romanos, l’auteure principale de l’enquête d’Amnesty International. D’après le rapport, des travailleurs ont ainsi pu quitter le Qatar mais à leurs propres frais. Certains se retrouvent donc plus endettés qu’à leur arrivée dans l’émirat ou sont obligés de retirer leurs enfants de l’école.