En 2008, Karim Benzema était tout proche d’être le successeur d’Eto’o dans le Barça de Guardiola. Mais un rendez-vous aurait tout fait capoter.

 

Anderson, Abidal, Crosas, Umtiti, Edmilson : ces 20 dernières années l’ont prouvé, la connexion entre l’OL et le Barça, adversaires mardi soir en Ligue des champions, est devenu l’un des classiques du mercato. Mais ce que l’on sait moins, c’est que cette filière a failli avoir un représentant encore plus emblématique : Karim Benzema. Bien avant de soulever un paquet de C1 avec le Real, celui qui est alors le grand crack du foot français a vu le Barça de Pep frapper à sa porte. La raison ? Le coach catalan, qui vient de débarquer sur le banc, voit en KB9 le successeur parfait de Samuel Eto’o, jugé trop compliqué à gérer dans le vestiaire.

 

 

Le Barça est fou de l’attaquant qu’il considère comme l’un des plus prometteurs au monde, écrivait déjà Sport en avril 2008. Ils pensent que sa signature peut être déterminante pour le futur comme celle de Ronaldinho”, assure même le quotidien, auteur de dizaines de Unes sur le Français. Ronaldinho, carrément ? Les mots sont forts mais en disent long sur la réputation du Benzema de l’OL, vu comme la base d’un nouveau projet en Catalogne aux côtés de Dani Alves. À ce moment-là, Sport évoque notamment les voyages du directeur sportif Txiki Begiristain à Lyon, pour montrer au club français que la signature du joueur est “prioritaire” et devancer au plus vite Milan, Chelsea et le Real, ses autres courtisans. L’homme de confiance de Guardiola, qu’il a retrouvé à City, assiste par exemple à un match de Coupe entre l’OL et Metz, où il a des échanges positifs avec Bernard Lacombe.

 

 

 

Cela nous causera des soucis”

Mais alors, pourquoi le deal a capoté ? Ce n’était pas pour des questions d’argent mais plutôt à cause du comportement de Benzema. Comme le rappelle la presse espagnole aujourd’hui, Txiki Begiristain n’a pas vraiment apprécié leurs discussions au domicile du Lyonnais, durant l’été. “Il ne te regarde pas dans les yeux, il n’est pas concentré, aurait-il dit en revenant à Barcelone, selon le quotidien catalan ARA. Sur le long terme, cela nous causera des soucis”, a estimé l’ex-milieu du Barça de Cruyff, craignant aussi l’entourage du joueur et des problèmes d’adaptation. Là-dessus, l’ennemi madrilène ne doute pas et le recrute en 2009, pendant que le Barça s’offre Zlatan avant de corriger le tir avec Villa. Si cette thèse a été évoquée par de nombreux médias espagnols, certains avaient aussi affirmé que Benzema avait préféré rester un an de plus à Lyon. Fin 2008, Txiki avait lui-même confirmé l’intérêt du Barça pour le joueur, tout en confiant que “cela n’avait pas été possible” durant l’été.

 

Benzema et Eto'o en février 2009 lors de OL-Barça - Panoramic

Benzema et Eto’o en février 2009 lors de OL-Barça – Panoramic

 

Plus de 10 ans après, entre les victoires épiques en C1 côté Real, et les succès révolutionnaires de la Pep Team, aucun des acteurs ne peut toutefois regretter cette non-signature en Catalogne. Mais c’est forcément étrange de savoir qu’à la place de Suarez, c’est Benzema qu’on aurait pu retrouver ce soir au Parc OL, s’il avait regardé Txiki dans les yeux.