Quatre ans après cette séquence devenue culte, l’humoriste anglais Simon Brodkin a raconté comment il s’était incrusté à la FIFA pour approcher Blatter. 

 

Impossible de mieux illustrer les sales affaires de la FIFA. Devenue le symbole de la corruption et de la chute de l’ex-président (1998-2015), l’image de Blatter sous une pluie de billets et un énorme logo FIFA vient pourtant de quelqu’un qui n’a aucun lien avec le foot mondial : Simon Brodkin. Un humoriste anglais, spécialisé dans les happening du genre, qui a profité d’une conférence sur la prochaine élection du président de l’instance pour approcher Blatter en plein été 2015. Au moment où le règne du Suisse vit cette fois ses dernières heures.

 

 

Quand il est arrivé, je l’ai trouvé vraiment vieux, se rappelle-t-il dans une vidéo de Joe UKJe me suis demandé : “Est-ce que je peux vraiment piéger ce gars ?”. Puis je me suis souvenu qu’il était au coeur de la corruption à la FIFA”, se marre encore l’Anglais, planqué pendant des heures sur le vrai terrain de foot du siège de Zurich pour pouvoir s’incruster. “Chanceux” de trouver une place libre au premier rang, celui qui porte le costume de Jason Bent, un faux ambassadeur pour l’organisation du Mondial 2026 en Corée du Nord, peut alors jeter ses billets à la figure du patron. “Voilà ce que je t’ai promis au téléphone”, lâche-t-il à l’homme du Fifagate, impuissant malgré un “security” répété en boucle.

 

 

 

Vous devriez avoir honte”

S’en suit une scène tout aussi improbable, quand le boss de la FIFA se sent obligé de préciser que “ça n’a rien à voir avec le football”, et une autre malheureusement non filmée : “Je me fais sortir en coulisses et Blatter me dit que je devrais avoir honte, poursuit l’humoriste qui a aussi piégé Kanye West. Je lui réponds : ‘Non, c’est vous qui devriez avoir honte'”. Logique. Dans l’histoire, il reste toutefois une question : les billets étaient-ils vrais ? “Oui, car faire des photocopies est interdit, mais j’ai seulement mis des liasses de 1$ entre deux billets de 10″, assure-t-il. Voilà pourquoi Blatter a pu se retenir d’y toucher.