Mario Balotelli disait bien vrai. Après avoir dénoncé des cris racistes dont il a été victime lors de Bastia-Nice, l’attaquant a vu beIN Sports puis Canal+ diffuser des images qui ne laissent aucun doute sur la véracité des faits. 

 

Pour certains illuminés, Mario Balotelli cherchait seulement des excuses à sa prestation moyenne. Mais s’il est vrai que l’attaquant italien a déçu lors du choc entre Bastia et Nice, la réalité est qu’il a été la cible d’insultes racistes au stade Furiani. beIN Sports l’a d’abord prouvé avec des images montrant quelques supporters – certes en large minorité – lancer des cris de singe à l’ex-joueur du Milan AC pendant l’échauffement.

 

 

Dans l’émission J+1, Canal+ a également diffusé des images qui prouvent que le joueur a aussi été la cible de ces cris pendant le match, qui s’est soldé sur un match nul (1-1). Et au passage, que le coach bastiais, François Ciccolini, avait largement insulté le joueur dans le tunnel des vestiaires à la mi-temps.

 

 

 

 

L’incroyable réaction de Julian Palmieri

De quoi calmer les voix qui se sont élevées pour dénoncer un acharnement contre les supporters corses et un prétexte utilisé par Mario Balotelli pour justifier son match. À commencer par Julian Palmieri, ex-joueur de Bastia aujourd’hui à Lille. Au micro de beIN Sports, il a tenu des propos surréalistes : “Je n’ai pas entendu de cris de singe. S’il y a eu ça, c’est grave, mais venant d’un joueur comme ça et vu le match qu’il a fait, je pense qu’il devrait se faire tout petit. Je ne suis peut-être pas objectif, mais moi je n’ai rien entendu. Je trouve ça petit vu son match plus que médiocre (…) Je pense qu’il s’est cherché une excuse”, a-t-il commenté.

 

 

Tancé à juste titre sur les réseaux sociaux, Julian Palmieri a tenté de se justifier sur Twitter, parlant de propos “mal interprétés”. “Il s’est avéré qu’il y a eu des cris de singe donc je le confirme c’est grave et c’est honteux. Cela n’a rien à faire dans un stade de foot et dans la vie en général”, a-t-il d’abord dénoncé. Mais le joueur a vite pris la défense du public corse, dont la majorité est selon lui “à l’opposé de ce qu’on a pu entendre” lors du match, avant de s’en prendre encore à la victime dans cette affaire, insistant sur le fait que Mario Balotelli ne devait “pas se trouver des excuses” car c’est un “assez grand joueur pour faire abstraction de tout ça”. “J’espère que le message est bien passé”, poursuit-il de façon, au mieux, maladroite.

 

 

 

Le racisme est légal en France ?”

Samedi matin, Mario Balotelli avait dénoncé les cris racistes dont il avait été victime la veille. “J’ai une question pour les Français. Est-ce normal que des supporters de Bastia fassent des cris de singes et des ‘ouh ouh’ pendant tout le match et que personne à la ‘commission de discipline’ ne dise rien ? Donc le racisme est légal en France ? Ou seulement à Bastia ? Le football est un sport fabuleux, mais des personnes comme ces supporters de Bastia le rendent horrible”, avait-il écrit sur Instagram. Quelques heures plus tard, la Ligue de football professionnel (LFP) a condamné «avec la plus grande fermeté les auteurs» d’«insultes racistes» à son encontre et une enquête a été ouverte.

 

Quant à Bastia, un communiqué a également été publié concernant l’affaire. Dénonçant d’abord une “stigmatisation en règle” du public de Furiani et “n’ayant à aucun moment constaté les faits”, le club aurait découvert les accusations “avec stupéfaction”. “Depuis toujours attaché aux valeurs fondamentales de respect (…) notre club se tient donc dès à présent à l’entière disposition des instances afin que toute la lumière soit faite, de manière irréfutable et non équivoque, sur ce type de comportements par nature stupides et inacceptables”, annonce-t-il. Les images aideront déjà.

 

E.R.