La Coupe du monde au Qatar va encore provoquer des crispations. Vendredi, les organisateurs ont annoncé la mort d’un Britannique sur le chantier d’un stade.

 

Quelques mois après un Népalais, c’est un ouvrier britannique qui vient donc de trouver la mort. Âgé de 40 ans, l’homme est décédé alors qu’il travaillait sur le chantier du stade international Khalifa. “Les autorités compétentes ont été alertées, tout comme la famille de l’ouvrier”, a ajouté le comité qui supervise l’organisation du Mondial 2022, sans dévoiler son identité. Une enquête est désormais menée pour établir les circonstances de sa mort.

 

 

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C’est le deuxième décès d’un ouvrier travaillant sur le chantier d’un stade de cette Coupe du monde 2022 qui ne cesse de faire polémique. Au mois d’octobre, le Népalais Anil Kumar Pasman était décédé après avoir été heurté par un camion sur le chantier du stade d’Al-Wakrah, comme l’avait reconnu officiellement les organisateurs. Une première puisque les 1200 décès d’ouvriers évoqués auparavant par le Washington Post avaient été niés. En mai, un travailleur indien serait également mort sur un chantier mais les organisateurs avaient démenti un accident du travail.

 

Des ouvriers maltraités

En mars dernier, Amnesty International dénonçait les conditions de vies désastreuses des ouvriers immigrés travaillant au Khalifa International Stadium. Plus de cent ouvriers auraient souffert d’abus flagrants et systématiques, y compris de travail forcé, selon un rapport publié après un an d’enquête. Selon l’organisation, 228 personnes – sur 234 interrogées – ont assuré que leurs salaires étaient inférieurs à ce qu’on leur avait promis avant de partir au Qatar. Beaucoup ont accepté à cause de dettes.

 

Malheureusement, ils ne sont parfois pas payés pendant des mois ou hébergés dans des « camps sordides ». Ces ouvriers ont également vu leurs passeports confisqués, ce qui est illégal au Qatar, et des Népalais ont notamment été empêchés de quitter le pays après le séisme d’avril 2015 au Népal. À l’époque, le Comité suprême du Qatar chargé de superviser l’organisation de la Coupe du monde 2022 avait estimé que les affirmations du rapport de l’ONG projetait « une image trompeuse ».

 

E.R.