Président historique du Barça (1978-2000), Josep Lluis Nuñez est mort lundi à 87 ans des suites d’une longue maladie. 

 

C’était la grande figure de l’histoire contemporaine du Barça. Elu le 6 mai 1978 à la tête du club, Josep Lluis Nuñez aura gagné 30 titres avec les Blaugranas – plus de 150 si l’on compte les autres sections du club (hand, basket…) – mais surtout marqué le foot des 90’s en contribuant à imposer l’ADN Barça. Au tournant de ces années-là, il fait revenir Cruyff en tant que coach qui donne naissance à la Dream Team et décroche la première Ligue des champions du club en 92 pour (enfin) transformer le Barça en machine à titres et en référence stylistique.

 

 

Nous avons perdu Josep Lluis Nuñez, un grand barceloniste qui a changé la physionomie de notre club”, a regretté Josep Bartomeu, l’actuel président du club. Promoteur immobilier, celui qui a fait exploser le nombre de socios avait notamment rénové le Camp Nou et fait construire le Miniestadi ainsi que la Masia, devenue la référence des centres de formation. “C’est une grande perte”, a également commenté Pep Guardiola, qui avait connu Nuñez en tant que joueur. Sous son mandat, le plus long de l’histoire blaugrana, des grands noms comme Maradona, Romario, Figo, Laudrup, Rivaldo, Stoichkov, Ronaldo, Kluivert et même Sonny Anderson, son transfert le plus cher (27 millions d’euros), revêtiront le maillot des Catalans.

 

 

 

Cruyff et Jésus-Christ

Dans les esprits barcelonais, Nuñez est aussi l’homme de grandes polémiques. Ses embrouilles avec Cruyff, notamment après la finale de C1 perdue en 1994 contre le Milan AC (4-0), alimenteront les médias catalans pendant de nombreuses années. Il licencie même l’icône deux ans plus tard, divisant la famille Barça entre les “nuñistas” et les “cruyffistas”, avant d’embaucher Robson et surtout Van Gaal, héritier et rival du numéro 14. Aussi trouble que brutal, le départ de Ronaldo pour l’Inter au bout d’une saison seulement entachera également son image auprès du public du Camp Nou qui lui reproche son goût pour l’argent et son hyper interventionnisme.

 

 

En fin de règne, la victime préférée des humoristes de la chaîne catalane TV3 démissionne en 2000. “Jesus-Christ aussi a été crucifié”, dit alors le théâtral Nuñez, condamné en 2015 pour fraude fiscale. A son départ, c’est son bras droit de toujours Joan Gaspart qui lui succède à la présidence pour ce qui reste comme l’une des pires périodes de l’histoire du club, dépassé par le Real des Galactiques. Une fin pas à la hauteur de celui qui aura été bien plus qu’un président.