Si tu me dis que tu aimes le football et que tu n’aimes pas Barcelone, tu as un problème”. Discutable ou pas, cette phrase de Thierry Henry, extraite de Take the Ball, Pass the Ball, peut aussi marcher si l’on remplace Barcelone par le nom du docu. Car du Parisien allergique aux blaugranas jusqu’au membre du Mourinho FC, tout le monde pourra se régaler devant ce film d’1h50 sur l’historique ère Guardiola. On vous dit (en partie) pourquoi.

 

 

Pour les interventions de Dani Alves

Pièce-clé du Barça de Guardiola (2008-2012), où il occupe un poste fou de latéral-meneur, Dani Alves est forcément l’un des personnages les plus attendus du documentaire. Chambreur sur le Real, touchant sur Abidal, dithyrambique sur Pep mais toujours sans filtre à chaque intervention. “Même les génies font des erreurs et Pep en a fait une (en faisant l’année de trop, saison 2011/12). On avait l’impression de ne plus compter pour lui. J’ai eu du mal à comprendre et on a eu quelques accrochages”, reconnaît-il par exemple. Autre confession 100% Alves : “Etre coaché par Guardiola, c’est mieux que le sexe”.

 

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Pour les apéros tactiques de Xavi

Comme toujours avec lui, certains points de vue seront interprétés comme trop dogmatiques. Mais entre deux phrases sur l’ADN Barça et un taquet au jeu du Real, le mythique numéro 6 régale en expliquant des schémas tactiques avec quelques verres et des chips sur une table basse. Idéal pour comprendre le positionnement de Messi en faux numéro 9 lors du 2-6 infligé au Real ou le but de l’Argentin en finale de LDC 2011 à Wembley.

 

 

 

Pour saisir le jeu et la philosophie Cruyff

L’importance des rondos, les entraînements dans de petits espaces, les sorties de balle courtes, le pressing… Personne ne peut comprendre le jeu du Barça de Pep sans étudier le chapitre Cruyff, dont le fils Jordi est au casting. Laporta, Xavi, Piqué, des formateurs historiques ou encore Rexach, l’ex-adjoint du numéro 14, viennent raconter cette révolution et cette défense à 3 qui a choqué tout le monde à l’époque. Un rappel nécéssaire dans une période post-Mondial 2018 où la possession est souvent caricaturée, mais également utile pour les supporters d’un Barça qui s’éloigne parfois trop de ces préceptes depuis l’arrivée de Valverde.

 

 

Pour les secrets de vestiaire

D’un Messi bougon qui dribble tout le monde à l’entraînement à la première discussion entre Guardiola et Valdès, le docu permet de découvrir la vie du vestiaire et ce qui liait un groupe ayant fait l’histoire. “Sur le tableau, Pep a mis deux aimants sur la même ligne que moi, se souvient l’ex-gardien espagnol. Il m’a dit “tu vois, ce sont les défenseurs centraux”. Je ne savais pas de quoi il parlait, on aurait dit du Chinois. Il m’a dit que ces joueurs seraient là quand le ballon serait dans mes pieds. Je me suis dit qu’il était fou”.

 

 

Pour comprendre quand tout a basculé pour Mourinho

L’un des grands chapitres du docu concerne aussi la rivalité Barça-Real et Guardiola-Mourinho. L’occasion de revenir sur la fameuse conf’ de presse du “p****** de chef” mais aussi de redécouvrir l’histoire d’amour contrariée du Special One avec les Blaugranas, où il fait partie du staff à la fin des 90’s. Victor Valdés ou encore Xavi se remémorent ainsi le Mou qui dirigeait les séances du Barça B en appliquant des principes de jeu offensif qu’il a totalement renié depuis.

 

Pour le nouveau show Eto’o

Si Henry n’est pas mal du tout dans le genre, le meilleur acteur du docu reste Samuel Eto’o. Dans un registre forcément plus retenu que lors de sa mythique tirade anti-Pep sur beIN Sports, le buteur camerounais revient sur sa relation compliquée avec le coach, sans oublier de se jeter des fleurs. “Tactiquement, c’est le meilleur au monde même si je vais bientôt le battre, parce que moi je parlerai au joueur en face”, promet-il. Xavi n’est pas le seul qu’on a hâte de voir sur un banc.

 

Pour le témoignage de Carrick

Victime du Barça deux fois en finale de la LDC, Carrick pourrait détester le Barça à jamais. Mais comme Sir Alex Ferguson à l’époque, l’ex-milieu anglais l’a joue entièrement fair-play, reconnaissant la supériorité des joueurs de la Pep Team en 2011, “juste trop bons”. “S’il y a le Barça à la télé, je choisis toujours de voir leur match”, avoue-t-il, beaucoup plus admiratif que rancunier.

 

 

Pour la vision de Guardiola

Le docu ne pouvait pas se terminer sans celui qui a mis en oeuvre cette dernière révolution du foot moderne. En conclusion, Pep donne notamment son point de vue sur la place qu’occupera son Barça au panthéon du foot : “Souvent, on m’a demandé si on était la meilleure équipe de l’histoire, remarque-t-il. Cette question n’a pas de réponse. C’est comme pour un livre ou un film qui sort, est-ce qu’il est bien ou pas ? On le saura dans 25 ans, si on en parle ou pas. Si on parle d’un livre 25 ans plus tard, c’est qu’il est bien, si on regarde encore un film 25 plus tard, c’est qu’il est bien. Ce sera la même chose pour cette équipe”.

 

Le docu Take The Ball, Pass The Ball sur le Barça de Guardiola

 

Take the ball, Pass the Ball est disponible en DVD depuis le 12 novembre.