Nommé directeur sportif de la sélection lundi, José Francisco Molina a débuté son histoire avec la Roja d’une manière improbable en 96 alors qu’il était gardien. 

 

Et il a presque mis un but !”. En avril 1996, alors que la France écoute Ophélie Winter et que certains réclament Cantona dans la liste de Jacquet pour l’Euro, l’Espagne découvre de son côté un truc assez fou lors d’un match de préparation de la Roja contre la Norvège. Gardien remplaçant, José Francisco Molina connaît sa première sélection en entrant en jeu au poste de… milieu gauche. Le désormais directeur sportif de la sélection, qui vient d’être nommé après le fiasco du Mondial en Russie, se retrouve même à deux doigts de marquer d’une frappe du pied droit, comme Marca en fera écho sur sa une le lendemain.

 

 

 

Comment en est-on arrivé à ce scénario (presque) parfait ? C’est d’abord grâce à la blessure de Juanma Lopez, alors défenseur de l’Atlético. Le sélectionneur Javier Clemente a fait ses quatre changements sur les six autorisés et sur son banc, il ne lui reste plus que Molina de disponible. Tant pis s’il est gardien de but : à 15 minutes de la fin et 0-0 sur le panneau d’affichage, le coach demande au portier de l’Atlético d’enlever ses gants et d’enfiler un maillot de joueur de champ pour faire son entrée à la surprise générale.

 

 

J’ai fait ce que j’avais à faire, se félicite encore aujourd’hui Javier Clemente dans Marca. Je lui ai demandé s’il voulait jouer et il a accepté, en tant que professionnel, parce que son objectif était d’aider la sélection, poursuit l’ex-coach de l’OM, plutôt fier d’avoir osé faire ça. Il a failli marquer parce qu’en plus d’être un grand gardien, il jouait très bien au foot”. Obligé de garder son numéro 13 dans le dos – on trafiquera donc le 18 avec un bout de scotch -, Molina est en effet loin de se cacher pendant son quart d’heure de jeu, réclamant le ballon à ses coéquipiers comme Nadal ou Abelardo et lâchant même cette frappe du droit au ras du poteau. “S’il marque, on le porte en triomphe”, s’amuse Hierro au coup de sifflet final tandis que Molina réaffirme son implication : “Peu importe la position, en sélection, on doit jouer”. 

 

 

La suite en sélection sera toutefois moins animée pour le nouveau directeur sportif de la Roja, âgé de 47 ans. Gardien réputé en Liga (Atlético, La Corogne), Molina fera toujours partie du groupe (Euro 96 et 2000, Mondial 98) dans l’ombre de Zubizarreta ou Cañizares et n’aura que 8 sélections de plus. Mais bien dans les cages, cette fois.