Bien avant que les logos ne pullulent sur les maillots du monde entier, Liverpool a été le premier club pro anglais à passer le pas en signant avec Hitachi en 1979. 

 

Trop gros, trop cheap, trop Qatar : que l’on valide ou pas, le sponsor maillot est une évidence pour tous les clubs du monde depuis un paquet d’années. Mais il a bien fallu des pionniers et en Angleterre, c’est le grand Liverpool qui s’est chargé d’ouvrir la voie, en s’associant aux Japonais d’Hitachi pendant l’été 1979. À l’époque, la télé anglaise n’en veut pas, la Coupe d’Europe non plus, mais les dirigeants Reds forcent le passage en comprenant (déjà) qu’il faut diversifier ses sources de revenus pour que la bande à Dalglish continue de marcher sur l’Angleterre et ses voisins européens, marqués par leur back to back réalisé avec les C1 77 et 78.

 

 

Nous luttons pour continuer d’exister, justifie carrément le patron du club John Smith, dans le Daily ExpressLe temps où un club comme le nôtre pouvait contrôler son avenir avec les recettes du stade est terminé. C’est essentiel de générer d’autres sources de revenus. Nous avons accepté ce deal pour nous prémunir financièrement sur le long terme”, promet alors le boss du champion d’Angleterre, qui imite les amateurs de Kettering Town, tout premier club britannique à avoir passé le pas, et d’autres voisins qui ont déjà pris ce virage, des Ecossais d’Hibernian en passant par Nantes ou le PSG et les Allemands d’Hambourg, également chez Hitachi.

 

 

 

Contrat XXS

Résultat, suite au véto de la BBC et de ITV, les Dalglish, Rush et autres Souness apparaissent avec le logo de la marque d’électronique japonaise lors des matchs de championnat non-télévisés, et en dehors de la Cup et de la C1. Ils sont toutefois autorisés devant les caméras à quelques reprises, mais avec un Hitachi… à la taille réduite. Absurde vu d’aujourd’hui, tout comme la somme de 56.000 euros par saison empochée à l’époque, loin des 46 millions annuels que les Reds de Klopp gagnent actuellement avec Standard Chartered.

 

 

Pas grave, le principal est ailleurs : cela aide Liverpool à payer des salaires de l’époque ultra modestes, et le sponsor maillot s’incruste au passage en Angleterre, où la télé leur ouvre définitivement la porte en 83, début de l’explosion des contrats et des logos qui marquent autant que les équipes. Crown Paints puis Candy remplacent Hitachi chez les Reds, tandis que JVC débarque chez Arsenal pour une somme record de 160.000 euros par an. “J’étais totalement contre la pub et le sponsoring, témoignera Peter Hill-Wood, le président des Gunners de l’époque. Je pensais que l’on perdrait un peu de notre identité mais on m’a convaincu du contraire”. Les Sharp, Emirates ou encore Carlsberg valident.