Six ans avant de recevoir le Ballon d’or, Luka Modric avait vu les internautes de Marca lui décerner un prix moins sympa : celui de la pire recrue.

 

Il a une sorte de don de Dieu”. En écoutant Florentino Perez et son sourire des grands soirs lors de la remise du Ballon d’or à Modric, on en viendrait presque à douter de l’existence de ce 31 décembre 2012. Car ce jour-là, les internautes de Marca – pourtant pro-Real – vont élire le milieu croate “pire recrue de l’année” à 32,2%, juste devant Alex Song (Barça) et l’attaquant Floro Flores (Grenade), aujourd’hui tristement oubliés. Pour ne rien arranger, c’est même Alba, nouveau latéral blaugrana et révélation de l’Euro 2012, que les lecteurs élisent meilleure recrue devant l’inoubliable Obafemi Martins (Levante) et Aduriz (Bilbao).

 

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Le jour où José Mourinho a comparé Karim Benzema à un chat

 

Quasi surréaliste six ans plus tard, ce sondage en dit long sur le chemin parcouru par Modric et ses débuts difficiles dans le Real de Mourinho, qui l’achète 35 millions d’euros au terme d’un long feuilleton estival. “Le Real Madrid a beaucoup misé sur Modric, un joueur au niveau de la Premier League et qui bousculé l’Espagne à l’Euro, rappelle alors MarcaQuatre mois après, on parle à peine de ce qu’on attendait de lui. Un but en 19 matchs toutes compétitions confondues et seulement 717 minutes sur les 1.530 de Liga font que, à l’heure d’évaluer son rendement par rapport à ce qui a été investi, le résultat est de 32,2% des votes pour le fiasco de l’année”, écrit le quotidien proche du Real, alors à 16 points du leader et rival barcelonais en Liga.

 

 

Je ne cherche pas d’excuse”

“Fiasco”, le mot est fort, mais c’est bien dans la catégorie flop que Modric, dragué par Chelsea la saison précédente, est (trop) vite rangé par un Bernabeu toujours traumatisé par la domination du Barça de Guardiola et Messi, encore Ballon d’or cette année-là. Si certains l’imaginent déjà plier sous le poids du maillot blanc, l’ex de Tottenham montre toutefois qu’il s’accroche. “C’est le Real Madrid, il y a beaucoup de pression pour les nouvelles recrues, reconnaît-il quelques jours après le sondage dans le journal croate Sportske. Je ne cherche pas d’excuse, je ne suis pas ce genre de personne, mais c’est très difficile de s’adapter à la vie d’un si gros club comme Madrid”, ajoute-t-il, assurant même “pouvoir prouver” qu’il a “quelque chose à apporter” au Real. Six ans, quatre C1 et un Ballon d’or plus tard, Florentino Perez peut témoigner qu’il disait vrai.