De 1,88 m à 18 m : Oliver Kahn s’est vraiment transformé en “Titan” pour le Mondial 2006 et une campagne adidas.

 

Fini de faire flipper les attaquants. À l’aube d’une Coupe du monde 2006 à domicile qui officialise sa fin de règne au profit de Jens Lehmann, Oliver Kahn impressionne cette fois une autre catégorie d’humains : les automobilistes. Car pour marquer les esprits sur ses terres, adidas a choisi de créer un pont XXL à la gloire du “Titan” du Bayern et de la Nationalmannschaft, tout près de l’aéroport de Munich où se déroulera le match d’ouverture Allemagne-Costa Rica (4-2).

 

Deux ans après son horrible blessure, Dario Scuderi a rejoué avec les U23 de Dortmund

 

 

65 mètres de largeur – plus qu’un Boeing 747 -, 18 de hauteur et 110 tonnes d’acier… L’agence TBWA déploie les grands moyens pour que personne ne passe à côté de l’évènement. De quoi impressionner les 4 millions de personnes qui croiseront au total ce pont, mais aussi Olli lui-même, qui trouve enfin quelque chose pour l’intimider. “J’ai vu beaucoup de photos de moi au cours de ma longue carrière professionnelle, mais c’est de loin la plus spectaculaire”, avoue-t-il dans Bild.

 

 

Doublé par Lehmann

Reste une question : pourquoi continuer à miser sur un Kahn vieillissant (36 ans), et officiellement relégué en doublure par le sélectionneur Klinsmann quelques semaines plus tôt ? “Il n’y a aucune raison de changer de stratégie, nous sommes aux côtés d’Oliver Kahn”, soutient à l’époque Oliver Brüggen, responsable de la com’ d’adidas, l’équipementier historique de la Nationalmannschaft. Il faut aussi dire que Lehmann, intronisé numéro 1 au terme d’une guerre ouverte avec l’icône du Bayern, est chez… le concurrent Nike. Et que le gardien des Gunners n’a pas hésité à tailler le ballon du Mondial aux trois bandes : “C’est un obus en plastique, fait pour les joueurs de champ et les spectateurs. Nike, lui, fabrique un ballon de football”.

 

 

Fabriquant de bon ballon ou pas, adidas a en tout cas dans ses rangs le numéro 1 dans le coeur des Allemands (et des annonceurs). L’homme aux 86 sélections, dont une dernière cape offerte pour la petite finale du Mondial 2006 face au Portugal, ne perd alors aucun contrat malgré son nouveau statut de doublure. “Lehmann est peut-être meilleur, mais Kahn est le plus intéressant, analysait Volker Nickel, porte-parole de l’Association de la pub allemande. Beaucoup de gens ici ne savent même pas à quoi Lehmann ressemble”. Et ce n’est pas le pont qui allait bousculer cette hiérarchie.