Successeur de Lopetegui, viré après la manita infligée par le Barça samedi, Santiago Solari débarque au Real dans un contexte bouillant mais aussi avec quelques casseroles. 

 

Les joueurs ne l’apprécient pas trop parce qu’il est fan du Barça et de Messi !”. Comme l’un des plus agités chroniqueurs d’El Chiringuito l’a répété il y a quelques jours, Santiago Solari (42 ans) est très loin d’arriver sur le banc du Real avec le profil du madridiste idéal. Déjà coupable de ne pas retenir son admiration pour le rival catalan et ses icônes (Messi, Guardiola), le coach intérimaire également passé par l’Atlético (98-2000) est visé par un autre chef d’accusation tout aussi grave : avoir critiqué le boss Florentino Perez.

 

 

 

Un président “tout-puissant”

Il suffit de rembobiner quelques années en arrière pour retrouver des preuves écrites. Devenu l’une des plumes du prestigieux El Pais, à l’instar d’autres futurs coachs comme… Guardiola justement, Santiago Solari y commente alors les secousses qui frappent chaque week-end le Real de Mourinho et sa guerre avec Pep. Et celui qui a occupé le flanc gauche du Real (2000-2005) n’épargne ni son ex-président ni le coach portugais, dont il juge l’agressivité incompatible avec les valeurs de la Maison Blanche. “Le message de Madrid est souvent resté entre les mains du hooliganisme, du bruit médiatique et des affaires, de personnages pour qui tous les moyens sont bons, même s’ils ne sont pas déontologiques”, écrit-il en mars 2011 dans un papier signé avec le journaliste Ramon Besa.

 

La page de Santiago Solari sur le site d'El Pais

La page regroupant les articles de Santiago Solari sur le site d’El Pais

 

 

Dans un climat particulièrement tendu entre le Real et le Barça, accusé chaque semaine par Mourinho et la presse madrilène de bénéficier – au mieux – de faveurs arbitrales, Solari est alors loin de prendre parti pour le président. “Le porte-voix est posé par Mourinho et le certificat de garantie est signé par Florentino Perez”, peut-on lire dans cet article signé un mois avant le fameux Clasico en demi-finale de C1 et le “puto amo” de Guardiola en conf’ de presse. “Rien ne serait plus terrible pour Madrid que de voir ses dirigeants s’attribuer les mérites du succès”, craint-il même, osant parler d’un président “tout-puissant”.

 

 

 

Malheureusement, le Real n’a pas Messi”

Déjà épineux, le cas Santiago Solari, nommé en provenance du Castilla qu’il coachait depuis 2016, est donc aussi mal perçu pour son admiration non dissimulée envers l’ennemi catalan et surtout son numéro 10. Si dans l’article signé avec Ramon Besa, le natif de Rosario – comme Messi – parle déjà du “jeu propre” et du modèle “bien construit” au Barça, il se fera ensuite régulièrement remarquer pour ses déclarations d’amour au numéro 10 catalan qu’il place au dessus de la star madrilène CR7.

 

Exemple en novembre 2011, toujours dans El Pais : “S’il maintient ce niveau, nous devrons fabriquer des Ballons d’or à son nom”, s’enflamme Solari. Décembre 2012 : “Chaque fois que Messi reçoit la balle, la terre tremble, tout le monde se tait et les entraîneurs adverses enfoncent leur tête dans leurs épaules”. Mars 2013 : “Cristiano est le meilleur joueur du monde parce que Messi fait un autre sport”. Janvier 2016, cette fois sur ESPN : “Le Ballon d’or est pour Messi et c’est plus que mérité. Je suis heureux en tant qu’Argentin. Madrid veut toujours avoir les meilleurs, malheureusement il n’a pas Messi même si nous avons des grands joueurs”. On comprendrait (presque) la réticence supposée de Ramos et ses coéquipiers.