Si vous rêvez de devenir directeur sportif (ou de mieux recruter sur Football Manager), il faut aller voir les masterclass de Monchi sur la chaîne YouTube du FC Séville.

 

C’est le moment de prendre des notes chez tous les recruteurs du monde entier. Devenu le grand crack du foot européen en matière de bonnes affaires (Dani Alves, Rakitic, Lenglet…), Monchi lâche enfin ses secrets dans une série de vidéos. Et tout ça gratuitement, avec 13 masterclass de 13 minutes (clin d’oeil à son ancien numéro au club), où l’ex-gardien détaille précisément sa méthode pour un être un bon directeur sportif. Au programme ? Des tableaux powerpoints, des phrases à encadrer au bureau – “Le seul endroit où le succès vient avant le travail, c’est dans le dictionnaire” – et surtout un tas de conseils construits sur son expérience du terrain.

 

Voilà à quoi va bientôt ressembler le stade d'Osasuna en Liga

 

À mes débuts, on m’a dit qu’il fallait recruter pour gagner. Alors je me suis approché de ceux qui gagnent : les joueurs et le coach, explique-t-il par exemple dans le chapitre d’ouverture (Le facteur chance). Mon premier conseil est d’être un directeur sportif très proche du vestiaire et des joueurs, car ils ont leurs problèmes et il faut les comprendre. C’est souvent là, la solution aux mauvaises performances. (…) Même chose pour le coach, en théorie, je suis au dessus de lui d’un point de vue hiérarchique, mais en fait, je suis une sorte d’alter ego, constamment là pour l’aider. Pour envoyer un message à un joueur, aux médias… Etre son assistant, son confident, son ami. (…) C’est comme cela que vous engrangez toutes les informations qui vous faciliteront ensuite la prise de décision.”

 

 

Autre point sur lequel insiste Monchi : suivre une feuille de route claire et ne JAMAIS improviser. “À chaque fois que je l’ai fait, en cédant à la pression de la presse, des fans ou de mon coach, ça s’est soldé sur un échec. À cause de moi, parce que je n’ai pas été assez fort. Toi seul peut modifier ta feuille de route, avec tes erreurs”, juge-t-il avant de citer un cas précis. En 2005, faute d’avoir anticipé, Monchi a dû trouver à la dernière minute un remplaçant à Sergio Ramos, parti au Real. En deux ou trois coups de fil, il conclut alors l’arrivée de Dragutinovic (Standard de Liège) mais prend un risque XXL, puisqu’il ne connaît pas vraiment ses qualités. “C’est devenu une idole du club, mais c’était de la chance”, se rappelle l’Andalou, qui a eu l’idée de ces vidéos pendant le confinement.

 

 

Beaucoup de transferts ont été un échec dès le premier jour”

Chez les joueurs, écouter Monchi pourra aussi être utile. Notamment pour les présentations à la presse. “Il ne faut pas qu’il soit pris par surprise et qu’il fasse des déclarations contraires à ce qu’est le club. Beaucoup de transferts ont été un échec dès le premier jour. Combien de joueurs ont promis 30 buts et en ont mis 4 ? Il faut en dire le moins possible lors de la conférence”, pense-t-il. Pour l’homme qui a aussi signé Kondogbia, Ben Yedder ou plus récemment Diego Carlos et Koundé, la présentation du club au joueur est déjà primordiale. “Il faut qu’il sache tout comme s’il était né à Triana (quartier de Séville), lui expliquer la rivalité (avec le Betis) parce que sinon il peut se planter dès le début. Il y a un exemple absurde mais vrai : n’achète pas de voiture verte, parce que si tu joues mal, ils vont dire qu’en plus, tu as une voiture verte”. Les futurs cracks sont prévenus.