Johann Louvel, directeur du centre de formation du Havre, est le beau-frère de Théo, victime de violences policières à Aulnay-sous-Bois. Dans L’Équipe, il évoque la passion du jeune homme pour le foot, les visites de Franck Ribéry ou Serge Aurier et les conséquences de cette affaire pour les jeunes joueurs.  

 

Son maillot de l’Inter Milan n’est pas passé inaperçu. Théo, qui portait la tunique des Nerazzurri, lors de la visite de François Hollande à l’hôpital, est un gros fan de ballon rond. Une passion que le jeune homme de 22 ans partage avec son beau-frère Johann Louvel, directeur du centre de formation du Havre. « Théo, c’est simple, du matin au soir, il n’a qu’un mot à la bouche, c’est le foot, confie-t-il dans L’Équipe. Il ne vit que par ça ».

 

Alors, si la visite du président a forcément été importante pour Théo, celle de footballeurs comme Serge Aurier, Franck Ribéry ou Moussa Sissoko, qui a grandi avec son frère, avait une saveur toute particulière. “Ça lui a fait chaud au coeur”, confirme Johann Louvel, qui précise que les parents du joueur de Tottenham sont également venus lui apporter leur soutien. En attendant de rencontrer un joueur de son équipe préférée, l’Inter Milan ? C’est via son beau-frère qu’il a reçu l’invitation du club milanais à un entraînement ou à un match,  « un moment très fort pour lui (…) parce que c’est sa passion ».

Comment Mathieu Valbuena a été "bizuté" par Samir Nasri à l'OM

 

 

« Il fait partie de ces garçons qui ont toujours l’espoir de percer »

Si ces joueurs n’ont pas hésité à venir voir Théodore dit “Théo”, c’est parce qu’ils s’identifient à lui selon Johann Louvel (40 ans). « Je pense qu’ils se sentent touchés parce qu’il y a une identification, explique le compagnon d’Aurélie Luhaka, handballeuse pro au Havre. Cela leur rappelle ce qu’ils étaient. Les footballeurs sont issus de ces quartiers. Ils ont eu la même enfance que Théo. »

 

Observateur assidu du foot, Théo achète aussi pas mal de lots et de maillots. Car le jeune homme pratique aussi le foot et ne désespère pas de faire une carrière professionnelle. « Il joue numéro 6, devant la défense. Au mois de décembre, il était parti faire un essai en Belgique, en 4e Division. Plus jeune, à seize ans, il avait fait un an à Laval, au centre de formation. Ces gamins-là ne font pas tout à fait le deuil (d’une carrière professionnelle) », raconte-t-il.

 

 

 

 

Des années “foutues en l’air”

Mais avant de rejouer, il faut d’abord que Théo se remette de ces blessures pour lesquelles un policier a été mis en examen pour viol et trois autres pour violences volontaires. Un peu plus d’un mois après les faits, il vit avec une poche et ne dort toujours pas la nuit, « traumatisé » par cette arrestation dont il ne parle pas. « Les médecins pourront se prononcer dans un mois et demi pour savoir s’il y a des séquelles ou non. Psychologiquement, comment va-t-il récupérer de ce traumatisme ? », s’inquiète le fils de l’ancien président du HAC.

 

Et même au-delà du cas Théo, le mal risque d’être long à guérir. “Ce qui s’est passé là, ce sont des années de travail foutues en l’air, estime l’éducateur. Et maintenant, qu’est-ce qu’on dit à nos jeunes ?” Ne reste plus qu’à compter sur la justice.

 

 

 

 

V.L.