Selon Amnesty International, des centaines d’employés du Mondial 2022 au Qatar ne sont plus payés depuis des mois. 

 

Combien d’ouvriers sont morts ?”. Après un inquiétant rapport d’Human Rights Watch il y a un an alertant la FIFA sur des décès obscurs, Amnesty International s’intéresse à son tour aux conditions de travail des ouvriers du Mondial 2022. Et cette fois, l’ONG a observé de nombreux arriérés de salaires ayant “ruiné des vies”, comme elle l’écrit dans un nouveau rapport. L’organisation affirme que des ressortissants du Népal, d’Inde et des Philippines ont des arriérés de salaires de 1.700 euros de la compagnie d’ingénierie Mercury MENA, ce qui représente l’équivalent de dix mois de revenus pour certains.

 

Résultat, Amnesty International appelle Doha à régler la situation au plus vite. “En veillant à ce qu’ils reçoivent leurs salaires, le Qatar peut (…) montrer qu’il est sérieux dans (sa volonté affichée) d’améliorer les droits des travailleurs”, a déclaré Steve Cockburn, directeur des questions mondiales à Amnesty International. Si l’ONG a interrogé 78 travailleurs de l’entreprise, le nombre d’employés touchés pourrait atteindre des centaines. Il y a “des problèmes de trésorerie”, avait avoué le PDG de Mercury MENA en novembre.

Deux supporters de Liverpool se sont rendus à Gand au lieu de Genk (mais ils ont gagné un truc)

 

 

Le temps presse”

Amnesty International met en cause le “kafala”, un système obligeant le travailleur étranger à avoir un “parrain” local pour changer d’emploi ou quitter le pays d’accueil, et qui aurait encouragé cette exploitation. Doha a pourtant assuré que ce système devait être abandonné et que les conditions de travail s’étaient améliorées, avec notamment l’instauration d’un salaire minimum. “Il y a quelques améliorations, quelques réformes, mais c’est lent (…) et le temps presse”, estime May Romanos, l’auteure principale de l’enquête d’Amnesty International. D’après le rapport, des travailleurs ont ainsi pu quitter le Qatar mais à leurs propres frais. Certains se retrouvent donc plus endettés qu’à leur arrivée dans l’émirat ou sont obligés de retirer leurs enfants de l’école.