Consultant de luxe pour beIN Sport, à l’occasion de Qatar-Arabie saoudite (2-0), José Mourinho a aussi parlé de Man United et des grands noms qu’il a pu coacher. Best-of. 

 

 

Messi vs. Ronaldo

Je pense que c’est injuste pour eux quand quelqu’un dit que l’un est meilleur que l’autre, pense un Mourinho que l’on a souvent dit en froid avec CR7. Je crois qu’ils sont juste différents. Il y a quelque chose que je refuse toujours de faire, c’est de comparer des joueurs de différentes générations. Par exemple, comment pourrais-je comparer Pelé et Mbappé ? Tout est différent, le ballon était lourd et maintenant il est léger, le jeu est plus défensif aujourd’hui qu’auparavant, les joueurs ont des entraîneurs personnels pour tout (…) Donc le seul truc que je peux dire, c’est que quand j’avais Ronaldo de mon côté, j’étais un homme très heureux, et quand j’ai dû jouer contre Messi (mais aussi Ronaldo), j’ai dû réfléchir beaucoup pour aider mon équipe et avoir des chances de gagner. Ce qu’il faut admirer, c’est leur longévité”. 

 

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Mo Salah

Accusé de ne pas avoir su exploiter le potentiel de Salah (comme celui de De Bruyne) à Chelsea, Mourinho décline évidemment toute responsabilité : “Beaucoup de choses fausses ont été dites, comme quand on dit que je suis le coach qui a vendu Salah. Je suis le coach qui a acheté Salah. J’ai joué contre Bâle en Ligue des champions, et j’analyse toujours les joueurs adverses pendant longtemps. C’est là que je suis tombé amoureux de ce gamin donc JE l’ai acheté. J’ai poussé le club à le recruter mais à cette époque, on avait des attaquants fantastiques, avec Hazard ou Willian. Et c’était surtout un gamin perdu à Londres, dans un nouveau monde. Nous voulions l’aider à s’améliorer sauf qu’il était plus dans l’idée de jouer et ne voulait pas attendre. Nous l’avons donc prêté dans une culture que je connais bien, en Italie, dans un foot tactique et physique. La Fiorentina était une bonne équipe, sans trop de pression. Quand le club a décidé de le vendre, ce n’était pas moi (…) Ma relation avec lui était bonne et elle l’est toujours. Il ne regrette pas ce transfert”. 

 

 

 

Didier Drogba

Drogba est tellement loyal qu’il n’oublie pas que je l’ai pris de Marseille pour l’emmener en Premier League, pense Mourinho. Il ne pouvait pas s’attendre à ça puisqu’il n’a pas démarré jeune à ce niveau-là (…) je me souviens quand j’ai voulu l’acheter, Abramovitch m’a dit : “Qui ? Tu veux qui en attaque ?”. Parmi les plus grands attaquants de l’époque, moi j’ai dit “Drogba ! Monsieur Abramovitch, ne parlez pas et payez””.

 

 

 

Petr Cech

Petr Cech était un jeune que je n’avais pas acheté, se souvient-il. Quand je suis arrivé, en 2004, ils avaient déjà pris la décision de l’acheter. Le gardien de l’époque était Carlo Cudicini et il avait été élu joueur de la saison par les supporters. Le premier match, c’était Chelsea contre Manchester United et j’ai décidé de ne pas aligner le meilleur joueur de la saison pour titulariser un jeune dont les gens ne savaient même pas dire le nom. Petr Cech était assez difficile à prononcer, note Mourinho. Après ça, tout tournait autour de lui. Mon influence n’était rien, c’était un professionnel fantastique, un gardien au potentiel incroyable mais ensuite, quand je suis revenu à Chelsea, j’ai mis Courtois à sa place, donc j’ai été là dans deux moments clés de sa carrière. Il est devenu un numéro 2 fantastique aussi.”

 

 

 

L’Inter Milan

La meilleure équipe que j’ai coachée ? Je dois dire l’Inter, car nous avons tout gagné, se félicite encore Mourinho. Je dois être objectif et respectueux envers eux. C’est une équipe qui a tout gagné du premier au dernier jour, toutes les compétitions. Elle a gagné le triplé, battu 3-1 la meilleure équipe au monde, Barcelone, battu le Bayern Munich en finale, gagné le championnat d’Italie avec un nombre de points fantastique”.

 

 

 

Manchester United

Malgré une clause l’interdisant de parler explicitement de son départ, sous peine de rendre une partie de ses 16 millions d’euros d’indemnités selon le Times, Mourinho ne pouvait pas esquiver le sujet mancunien. “Si je vous dis que finir 2e de la Premier League avec Man United est un de mes meilleurs résultats, vous allez penser “ce mec est fou, il a gagné 25 titres et il dit ça ?”, estime-t-il. Mais les gens ne voient pas les coulisses”. Le Special One fait notamment référence aux ratés du recrutement des Red Devils, comme la non-venue de Perisic, pour expliquer les contre-performances du club. “Si j’accepte de venir sur ce plateau, et que je continuerai à le faire quand je ne travaille pas, c’est aussi pour mieux connaître le football d’aujourd’hui”, ajoute celui qui sera encore sur beIN samedi pour Arsenal-Chelsea.

 

 

Sans clairement faire référence à United, Mourinho a aussi évoqué ses difficultés avec la nouvelle génération (coucou Pogba). “Quand j’étais enfant, si mon père me donnait un euro pour aller acheter le journal, j’y allais tout de suite (…) Si aujourd’hui, je demande à mon fils d’aller chercher le journal, il va me demander “pourquoi ?” (…) Les générations changent, c’est faux de dire que l’ancienne génération était parfaite et que la nouvelle n’est faite que de mauvais mecs, durs à manager. On doit gérer la situation mais ce que je dis, c’est que le coach doit beaucoup plus communiquer qu’avant. Auparavant, c’était plus le manager qui décidait et le joueur devait accepter la hiérarchie (…) vous avez besoin de beaucoup plus partager le pouvoir, et je ne dis pas ça pour Manchester United mais pour la vie en général (…) nos enfants sont différents de nous”. 

 

 

 

Malin, Mourinho a aussi pris pour exemple l’icône Sir Alex. “La phrase dont je me souviens de Sir Alex Ferguson, c’était : “Le jour où le joueur est plus important que le club, au revoir”. Ce n’est plus le cas, ajoute le Portugais, qui pense que les clubs doivent avoir des dirigeants capables d’établir une structure forte pour régler les problèmes liés “au foot moderne”. Le manager doit être seulement le manager et pas l’homme qui gère la discipline ou éduque les joueurs (…) pour ne pas arriver à la situation où ils sont plus puissants qu’avant”. Le message est assez clair.