Wonderkid parmi les plus marquants de l’histoire de Football Manager, Tonton Zola Moukoko évoque sa carrière pas à la hauteur de ses perf’ virtuelles. 

 

Faire une offre à Derby County était un réflexe à chaque début de partie. À 16 ans, Tonton Zolo Moukoko est un crack parmi les jeunes du club anglais mais surtout la cible numéro un des accros à Championship Manager, l’ancêtre de Football Manager. Pas cher (600 K€), des stats façon Messi et des notes qui s’emballent à toute vitesse : le milieu offensif né à Kinshasa devient vite la star des forums de fans mais aussi des terrains chaque week-end. À sa grande surprise. “Je ne connaissais pas vraiment le jeu, reconnaît-il aujourd’hui à Planetfootball. Je ne suis pas du genre à m’assoir devant un ordinateur”.

 

 

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Ses notes au début de CM 00/01

 

Il faut que son coéquipier Ian Evatt lui parle du jeu pour que le crack de Derby, qui le signe malgré la concurrence du Milan, Bologne et Empoli, comprenne ce pic de popularité. “Il m’a dit “Tu ne sais pas que tu es l’un des meilleurs dans le jeu ?”. Il m’a montré et c’était génial, se souvient celui qui explose d’abord chez les jeunes de Djurgarden en Suède, où il arrive avec son frère durant son enfance après la disparition de leurs parents. Une fois, on jouait un amical et plein de gens sont venus pour un autographe. Je me disais “pourquoi ?”. Beaucoup de joueurs de Championship Manager me connaissaient. Ils faisaient tous la queue pour un autographe”. Autre preuve du phénomène : il a encore récemment été reconnu jusqu’en Malaisie, par un agent de sécurité d’un aéroport.

 

 

 

Je n’avais plus la force de jouer”

Comme d’autres wonderkids de Football Manager (Cherno Samba, Andri Sigporsson…), les titres de meilleur joueur de l’année ne deviendront toutefois jamais réels. Sauf que dans son cas, c’est un évènement tragique qui fera tout basculer, quand son frère et agent Fedo disparaît brutalement : “Il faut avoir de la chance dans tout ce que l’on fait, et avec des gens autour de vous. Côté famille, je n’ai pas eu cette chance (…) Je n’avais plus la force de jouer au football quand il est mort, c’était comme si j’avais perdu mon énergie, ma vie. Tout s’était envolé”.

 

À 18 ans, plutôt de signer au Barça, au Real ou à Liverpool comme dans le jeu, Tonton Zola Moukoko rompt son contrat avec Derby, retourne en Suède et stoppe tout pendant deux saisons. “Pour retrouver son énergie”, il revient ensuite à Carlstad United (D2 suédoise). “Ce n’est pas facile de revenir dans le foot au niveau que tu souhaites une fois que tu es parti”, estime-t-il. Ce sera en effet le plus haut niveau atteint par l’ex-crack, avant d’autres passages chez des petits clubs suédois ou en Finlande. En 2013, il crée sa propre équipe, le Kongo United FC (D7 suédoise), basé à Stockholm, et travaille aussi en tant qu’agent pour transmettre son expérience.

 

 

De quoi être aujourd’hui amer ? Pas vraiment. “C’est bizarre, les gens voulaient que je sois dans la vie comme dans le jeu, confie Tonton Zola Moukoko, devenu père de famille, à 35 ans. J’ai toujours des appels du monde entier pour me parler, je suis très heureux que les gens ne m’aient pas oublié. J’apprécie ça, même si les choses n’ont pas marché comme les gens auraient voulu. J’ai de la chance”, se réjouit-il depuis les bureaux de Sports Interactive, où une salle porte désormais son nom. D’autres joueurs ne peuvent pas en dire autant.

 

Tonton Zola Moukoko dans Championship Manager

Tonton Zola Moukoko dans Championship Manager 01/02