C’est le duo qui a la mission de succéder à “Team Duga”. De 18h à 21h, les auditeurs de RMC retrouvent désormais Mohamed Bouhafsi et Jean-Louis Tourre pour le talk-show “Top of the Foot”, un mélange d’infos et d’opinions venu moderniser la formule habituelle. On a rencontré le duo pour discuter de ce nouveau concept. 

 

 

Comment jugez-vous les débuts de Top of the Foot ?

Jean-Louis Tourre : Plutôt bons ! Forcément, il faut encore qu’on trouve nos marques pour vraiment faire l’émission les yeux fermés. Mais on a quand même souvent fait de l’antenne ensemble, donc je trouve que c’était vite assez propre. On a plutôt rendu un bon produit.

On a rencontré Mehdi, le mec qui régale les joueurs du PSG dans son restaurant

 

Mohamed Bouhafsi : On se connaît très bien à côté aussi. Dès la première, on sentait déjà un lien, puis on a vite senti qu’on avait trouvé notre rythme. Bien évidemment, il faut peaufiner certaines choses, mais c’est plutôt s’améliorer que créer.

 

 

Par rapport à Team Duga, le but est vraiment d’avoir un équilibre entre infos et opinions ?

JL : Team Duga, c’était très opinions, mais il y avait aussi des infos et des invités. Là c’est plus équilibré, mais on ne se demande pas non plus à quelle dose on est. On se dit : “Il y a un sujet, qu’est-ce qu’on peut amener de plus ? Comment on fait pour faire la différence avec les autres ?”. Et notre différence, c’est les infos. Par rapport à d’autres émissions de foot – il y en a énormément aujourd’hui – la promesse c’est de dire que le même sujet traité dans dix autres émissions, il sera traité avec des infos en plus chez nous. Après, le débat fait partie de l’ADN de RMC. On doit faire perdurer ça. Il y aura toujours des auditeurs qui viendront confronter leur avis à celui de la Dream Team. Ça fait aussi partie des piliers de l’émission.

 

 

M : On ne se dit pas qu’on va éviter de débattre parce que l’énorme star Duga ou Luis Fernandez n’est pas là. Dans deux semaines, Jean-Louis partira peut-être dans un débat assez lyrique face à Rothen ou Di Meco ! On doit commencer par une base d’infos, de coulisses qu’on va donner aux auditeurs et ensuite on peut débattre. Jean-Louis le fait très bien, moi je commence à travailler la dessus et à essayer de progresser. Lui il a été formé avec les plus grands. Duga est l’homme qui a crée le débat ces dernières années sur les antennes.

 

 

Qu’est-ce qui fait que vous vous complétez bien tous les deux ?

JL : Moi je suis plus sur la mécanique de l’émission radio. Mohamed est plus sur les infos, qui nous permettent de faire la différence par rapport aux autres et ensuite d’exister dans les échanges face aux anciens joueurs. Ce qu’il fait, je ne peux pas le faire.

 

M : Et ce que fait Jean-Louis, moi je n’aime pas le faire ! Il a une rigueur que je n’ai pas. Il est capable de tenir les débats. Il a une très bonne mécanique d’antenne, il fait ça depuis 10 ans. Souvent, on le chambre parce qu’il est passé par RTL et donc on dit “c’est l’école RTL, la rigueur”. Et à côté de ça, il a une très bonne analyse du jeu. Moi je me sers de mes infos et de mes connaissances du milieu pour avoir un décryptage différent.

 

 

 

Mohamed, ta priorité est d’apporter les infos mais comment tu te sens dans les échanges avec les anciens joueurs ?

M : J’ai une grande exigence envers moi-même, je me demande : “Est-ce que je maitrise tout bien pour faire ça ?”. Pour Jean-Louis, c’est inné. Moi, il faut d’abord que je travaille un peu plus mes infos. Parce que je veux tout savoir et me faire ma propre idée. Et c’est peut être le seul élément où je dois plus montrer de choses. Pour être encore plus sincère et naturel comme si j’étais avec des amis. Pendant des années, on m’a un peu dit que ce n’était pas mon rôle, donc j’ai gardé ça en moi, alors que là c’est à l’antenne.

 

JL : C’est intéressant, parce que c’est vrai qu’il faut une certaine légitimité. Les anciens joueurs l’ont facilement. Et nous, il faut que ce soit différent. Mohamed a cette légitimité, parce qu’il a les contacts. Moi j’ai mis des années à me sentir à l’aise dans cet exercice-là. Pendant des années au début je me disais : “Je suis trop jeune, pourquoi je vais aller donner mon avis ? On s’en fout complètement”. Et ça fait seulement un an ou deux que je me sens légitime parce qu’un journaliste qui travaille depuis 15 ans est quand même légitime.

 

M : Il y a une célèbre phrase de Sacchi : “On n’a pas besoin d’avoir été cheval pour devenir jockey”. Pas besoin d’avoir été footballeur pour donner son avis. Mais c’est vrai que j’estime qu’il faut une vraie connaissance. Jean-Louis et moi, on a travaillé pendant des années avec Jean-Michel Larqué, avec Dugarry, Luis, Rothen, Di Meco… Moi j’ai beaucoup appris avec Eric, on dîne parfois et on parle de foot. Donc ma base de connaissances, elle peut être intéressante et donner certaines clés aux auditeurs. Encore plus quand j’ai de l’information.

 

 

C’est une vraie pression de passer après Luis Attaque (13 ans) et Team Duga (4 ans) ?

JL : Il y a de la pression, parce qu’on sait que c’est un enjeu important pour la radio, on sait que c’est un créneau historique. Après, on est aussi assez confiants, on a bossé longtemps sur l’émission. Et puis cela fait un moment que l’on est là aussi, donc on part pas dans l’inconnu total.

 

M : Moi, je n’ai pas de pression par rapport à la succession. La pression la plus importante est de rendre un beau produit et que les gens kiffent. Je ne suis pas maître des audiences. En revanche, je suis maître des informations qu’on peut donner, des avis, du contenu. Quand j’ai vu les premiers commentaires, j’ai été agréablement surpris parce qu’ils appréciaient le format. J’ai eu des retours constructifs. Parfois c’était “ça nous manque de joutes verbales” ou “on veut plus d’infos mercato”. C’est plutôt ça qui m’intéresse.

 

 

 

 

Duga était en première ligne”

Comment s’est fait le recrutement de Mathieu Valbuena ? Qu’est-ce que vous attendez de lui ?

JL : Notre producteur Antoine Wargnier, qui a travaillé sur Luis Attaque et Team Duga, a un carnet d’adresses très important. Et on s’est dit que c’était peut-être le moment de rajeunir un peu notre Dream Team, du moins d’avoir un profil de jeune retraité – même si Mathieu Valbuena joue toujours à l’Olympiakos. On lui a proposé pour voir si ça le tentait, sachant qu’il était déjà intervenu dans Team Duga comme invité. On trouvait que ça se passait bien. C’est bien de rajeunir la Dream Team avec quelqu’un qui arrive à la fin de sa carrière, pour qu’il puisse parler d’ex-partenaires, d’équipes dans lesquelles il a joué il y a peu de temps. Et comme les générations de footballeurs évoluent très vite, c’est important pour nous expliquer aussi leurs codes.

 

M : Il connaît les erreurs que certains ont pu faire. Lui en a fait aussi, il le dit, il sait ce qu’il faut faire ou ne pas faire dans un vestiaire ces dernières années. On voit via les réseaux sociaux que parfois Eric Di Meco ou Jean-Michel Larqué sont complètement dépassés. Rolland (Courbis) son téléphone, c’est un Bi-Bob quand même ! (Rires.) Mathieu est encore jeune, il vit encore ce qu’il se passe dans un vestiaire et sait par quel chemin ou embûches on peut passer.

 

 

Matuidi était invité pour la première. Il pourrait aussi intervenir régulièrement ?

M : Ce qui est bien, c’est que RMC est vraiment entré dans la tête de cette génération. Aujourd’hui, c’est la radio d’opinion leader dans le sport, donc quand on invite quelqu’un c’est moins compliqué qu’avant on va dire. Les gens aiment bien venir. Antoine Wargnier est capable de convaincre des gens avec son gros carnet d’adresses. Moi aussi, donc ces gens-là pourraient être impliqués un peu plus, devenir des guests réguliers. Blaise, si dans 2-3 mois il faut l’appeler pour nous raconter comment ça se passe aux Etats-Unis, oui ce serait une possibilité. Mais pour l’instant, il n’y a rien de plus.

 

 

Comment se passe la préparation de trois heures de direct ?

M : Pour moi, c’est un peu plus compliqué parce que j’ai 2h de moins pour chercher les infos et passer des coups de fil ! Je ne peux pas téléphoner pendant l’antenne, même si parfois on s’était dit que je pouvais sortir 5/10 minutes si c’était un coup de fil urgent. Mais je vais essayer de trouver une organisation un peu différente pour passer plus de coups de fil le matin. C’est un truc tout bête, mais j’ai décidé de me lever plus tôt ! (Rires.)

 

 

Qu’est-ce qui vous a semblé falloir corriger au début ?

JL : Après la première, il y avait des trucs évidents. Les suivantes moins. Il fallait rythmer plus l’émission. Les interventions, essayer de faire plus court.

 

M : C’était aussi une émission particulière, le lendemain d’une finale de Champions League. On revenait du Portugal, on était tous un peu fatigués. Dès le lendemain, on a réglé la question du rythme. L’idée c’était aussi de ne pas dénaturer notre personnalité, on est RMC. Si quelqu’un écoute, c’est aussi pour le rythme, pour le débit, pour la force. On était peut-être un peu dans notre costume un peu trop serré, et dès le mardi on s’est relâché et on a retrouvé nos personnalités.

 

 

Après Dugarry et Luis Fernandez, il n’y a pas la crainte de paraître lisse ?

M : Non, ce n’est pas une question d’être lisse. On est RMC et on n’a pas à avoir peur de ce qu’on fait. Il ne faut pas se dire qu’il faut être peu plus discret ou timide parce qu’on est une nouvelle émission. En fait, c’est pas lisse mais plutôt d’être timide que l’on a voulu éviter. Avec Jean-Louis, on ne l’est pas du tout dans la vie donc on allait pas l’être à l’antenne ! Je trouvais qu’on ne s’était pas chambré à l’antenne au début, alors qu’on est des gros chambreurs en dehors de l’antenne. Donc on a essayé de changer ça.

 

 

Dugarry a parlé de grosse fatigue en arrêtant. Ça ne vous fait pas peur ?

JL : J’espère qu’on sera encore là dans 4 ans ! (Rires.) Après c’est différent, on peut pas se comparer à Duga parce que lui était en première ligne tout le temps, je l’ai bien vu à ses côtés. Tout était repris en permanence, voire grossi, parce que quand on met “Dugarry” avec une punchline ça fait énormément de clics. Il a compris que ça ne redescendrait jamais. Parfois, il avait aussi la lassitude physique, parce qu’il trouvait que parler pendant 2h chaque jour, c’était aussi fatiguant, difficile intellectuellement de chercher à se renouveler, avec de nouveaux sujets. Nous, c’est assez différent. On n’est pas en première ligne, on est aussi entourés… J’espère quand même qu’on sera pas crevés quoi (rires).

 

M : Pour la première, Rothen nous a dit qu’il faudrait 25 ans pour se débarrasser de nous parce qu’on serait les nouvelles Grosses têtes (Rires.) Duga, c’est pas facile pour lui. Il a une exposition assez dingue. Et à nos petits niveaux, on le ressent. Le moindre truc que l’on peut dire de travers, on peut avoir un tweet, une phrase différente… Je l’ai vu dès que j’ai commencé Breaking Foot et que je commençais à donner mon avis, les gens du foot me voyaient différemment. Alors j’imagine même pas comment cela a pu se passer pour Duga. Tout est grossi, ensuite il y a les frères de joueurs qui grossissent encore le truc, les cousins… Alors que si on écoute vraiment, on voit que les propos sont différents et plus nuancés. C’est l’un des maux du foot ces gens qui répètent les phrases de manière disproportionnée. Après, nous ça va être différent parce qu’il y aura une Dream Team. Eux sont là pour assumer un peu plus leurs prises de position.

 

 

Pour revenir au côté info, l’émission a déjà vécu un grand moment avec le burofax de Messi pendant le direct.

M : Oui, l’émission dure 3 heures donc il peut se passer des choses. On l’a vu ce jour-là, on a tout de suite pu appeler des journalistes espagnols et argentins dès que l’info est tombée. Si on peut se mettre en mode édition spéciale, ou si en tout cas commencer et conclure un dossier, on le fera dans Top of the Foot.

 

 

Il y a également plus d’humour maintenant avec l’arrivée de Cazarre pour une chronique.

JL : Oui à 18h45, ensuite il restera apporter son grain de sel dans les débats.

 

M : Infos / Débats / Humeur et Humour, c’est bien !