Interrogé par Vitor Baia pour une chaîne portugaise, Roberto Carlos a lâché quelques dossiers sur l’ère Galactique du Real Madrid. 

 

Des Ballons d’or partout, mais pas assez de trophées collectifs. Epoque mémorable du Real (2002-2006), les Galactiques et leur effectif XXL n’auront pourtant gagné qu’une C1 et 2 Liga parmi les titres majeurs. Pourquoi ? À écouter Roberto Carlos, la (trop) bonne ambiance du vestiaire et le manque de discipline a fini par se faire payer. “Je me demande comment on a pu faire autant de conneries, a avoué le gaucher aux énormes cuissots. À la fin des matchs, il y avait des vols privés. On se retrouvait entre joueurs à l’aéroport de Barajas. Beckham allait je ne sais où, pareil pour Figo, Zidane, Ronaldo, moi, Casillas… Avec un entraînement prévu deux jours après… Moi, je priais pour que les matchs soient le samedi pour pouvoir aller voir les Grands-Prix de F1 le dimanche, où qu’ils soient. C’était de la folie, ne faites pas comme nous”, en rigole-t-il aujourd’hui.

 

 

Si ça a bien marché durant l’ère Del Bosque – “ce n’était pas un coach mais un ami, il n’y avait pas besoin de règles. Les entraînements du lundi et du mardi étaient à 17h. Il ne les mettait pas à 11h parce qu’il savait que tout le monde serait en retard” -, ses successeurs ont eu bien du mal à gérer les stars du vestiaire. Y compris un Brésilien comme Luxemburgo (04/05) : “Aux mises au vert, on laissait nos affaires dans les chambres avant d’aller dîner. On prenait notre petite bière et du vin. Il y avait deux bouteilles sur chaque table. Lors du 2e match, quand Luxemburgo est arrivé, Ronaldo et moi lui avons dit : “Professeur, il y a des habitudes ici, comme celle de la bière avant le dîner, ne les changez pas sinon vous aurez des soucis”. Il a d’abord interdit la bière puis le vin. Ça a tenu 3 mois. C’est arrivé aux oreilles de la direction et ciao. C’était notre ambiance de vestiaire”, a-t-il expliqué.

 

Ronaldo et Roberto Carlos en 2005

Ronaldo et Roberto Carlos en 2005

 

 

J’ai mal élevé mes joueurs”

Même souci avec Camacho quelques mois plus tôt : “À l’époque des Galactiques, nous étions 7, c’était un danger dans le vestiaire, reconnaît-il devant Vitor Baia, ex-gardien du Barça. Nous avions une bonne relation avec tous les coachs mais moins avec Camacho. Il a tenu 10 jours ! Un record. Il est arrivé dans le vestiaire, dit bonjour à tout le monde et nous a dit : “je veux tout le monde à 7h demain matin”. 7h ? Normalement, on s’entraînait à 10h30. Nous lui avons demandé de changer l’horaire”. De quoi faire écho à cette phrase lâchée par Florentino Perez, au moment de sa démission en 2006 : “J’ai mal élevé mes joueurs”.