En passant sur beIN Sports ou Canal+ ce week-end, vous avez forcément entendu ce morceau au moins une fois. Auteur du générique de la Ligue 1 avec son groupe Hit’N’Run, Philippe Deshaies nous a parlé de cette bande-son qui accompagne nos soirées au stade ou sur notre canapé depuis 2012.

 

 

Bonjour Philippe, comment tu t’es retrouvé à faire ce morceau ?

Ça date bien d’il y a 6 ans maintenant, puisque la dernière version est un remix auquel nous n’avons pas vraiment participé. A l’époque, une boîte (Capitaine Plouf) nous a tout simplement appelé et comme on est 2/3 à aimer le foot, ça nous a fait marrer et on a tout de suite accepté. Le reste a été très rapide ensuite.

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C’était le premier son que vous faisiez pour du foot ?

Ouais, on a essayé ensuite pour la Coupe du monde 2014 au Brésil mais ça a totalement foiré. On a aussi eu une touche avec la FIFA pour un truc contre le racisme, mais ça a foiré aussi (rires). Et on ne nous a pas contactés pour faire l’hymne de l’équipe de France, c’est dommage (rires).

 

Quelles étaient les consignes de la LFP ? 

C’est toujours assez bateau en fait. Il faut toujours que ce soit dynamique, porteur, pas anxiogène, un truc de masse quoi, finalement. Presque quelque chose de stalinien (rires). Un truc qui monte, qui monte… On n’avait pas vraiment de référence, on s’est surtout basé sur ce qu’on aimait.

 

 

Leur but, c’était de prendre exemple sur les White Stripes”

Quelles étaient les inspirations ?

Il y avait un peu de tout. On avait cherché un son de début et ça nous faisait penser aux Who et à Baba O’Riley. Et on s’est dit “tiens, c’est rigolo d’avoir ça”. Et puis, comme il y a 6 ans, on était en pleine vague Ed Banger, on était plutôt là-dedans, dans les Justice, Sebastian et tous ces trucs-là.

 

 

La LFP a tout de suite validé ?

Ouais, et c’était marrant parce qu’on s’était dit jamais ils vont accepter un truc comme ça. Et en fait, on a eu quelques modifications à faire, mais sinon ça a été hyper rapide donc on a dit “ah ok d’accord”.

 

Quelles étaient les modifications ?

C’était juste de ramener une mélodie avec un synthé, le but c’était que ce soit un peu plus accrocheur. Ils disaient souvent un truc du genre “Les White Stripes ont fait un morceau et ça joue dans tous les stades”. Leur objectif, c’était de trouver quelque chose que les gens puissent chanter mais nous c’était moins ça (rires). L’hymne de la Champions League revenait aussi forcément chez eux. Donc le but c’était d’être entre les deux.

 

Comment s’est passé l’enregistrement ?

On était juste tous les trois, on s’est marré avec le synthé, on a rajouté des batteries et d’autres trucs.

 

Personne de la LFP n’est venu surveiller les sessions ?

(rires) Non, mais le mec aurait été content. On n’a eu aucun contact avec Thiriez à l’époque, que dalle (rires). Sur le morceau, il y avait beaucoup de synthés, beaucoup de batteries. C’était assez rigolo à faire, il y avait de la boite à rythmes aussi. C’était un vieux vieux bordel quand même, avec beaucoup de pistes.

 

 

Les Beaux gosses, les César et le SCO Angers

Vous êtes revenus aux musiques de séries/films depuis ?

Ouais, on est en plein dedans, on est sur deux séries. On se connaît depuis longtemps tous les trois, on est tous des musiciens rock indé des années 90/2000. On avait déjà bossé ensemble sur la musique des Beaux Gosses qu’avait fait Lionel (Flairs). Notre première musique de film avec Hit’n’Run, ça a été Les Combattants grâce auquel on s’est retrouvé aux Cesar, ce qui est totalement improbable pour nous puisqu’on avait vraiment aucune prétention là-dessus. Par contre, on nous a jamais redemandé de faire des trucs de foot, je sais pas pourquoi, c’est con ! (rires)

 

 

 

Le prochain générique de L1 peut-être ?

L’an dernier en fait, ils ont voulu faire une nouvelle version du morceau. Mais on avait beaucoup de boulot et retourner sur un truc que tu as déjà fait, quatre ans après, c’est pas forcément excitant. Finalement, ils nous ont proposé quelqu’un à qui on a filé le morceau pour faire le remix. Ensuite on l’a écouté une fois et on a validé.

 

Tu serais chaud pour le prochain ?

Ah oui, j’adorerais. On est deux fans de foot, Benoît (Rault) et moi. Lionel, moins. Tu lui parles de foot, il te dit “arrête de me faire chier avec ça”. Il était motivé parce que c’est une vitrine, mais c’était pas le plus enthousiaste c’est clair (rires).

 

C’est plus sympa de faire des musiques de film ou c’est juste différent ?

Ouais, ce n’est pas du tout le même truc. Une musique de film, c’est vraiment un boulot de longue longue haleine. Là, pour les deux séries sur lesquelles on bosse, on sait qu’on ne verra pas le jour avant février. Donc c’est long et très épuisant. On a vraiment une vie de sportif, on peut pas trop sortir le soir et rentrer ivre mort.

 

Niveau rémunération, c’est moins avantageux aussi ?

Oui, au ratio, c’est forcément moins rémunéré qu’un générique. Pour la Ligue 1, ça nous a pris en tout une semaine. C’est aussi court qu’une pub, niveau ratio c’est très bien payé. Pour le cinéma, ça dure trois mois, c’est un gros investissement. Alors que pour le reste, comme la pub, on t’appelle le vendredi pour le lundi matin. C’est une sorte de coup de poker à chaque fois, tu y passes le week-end ou la nuit et on te donne la réponse le lundi. Si tu as des modifs, tu t’y remets le mardi/mercredi et ça dure une semaine en fait.

 

 

Tu retombes dessus à la télé encore ?

Non, parce que j’avoue que je ne suis pas abonné à quoi que ce soit.

 

T’as pas eu un abonnement ?

Non (rires). On n’a même pas eu droit à des places pour aller voir un match. J’ai eu beIN pendant un moment mais c’est tout.

 

Quand tu l’entendais ça te faisait quoi ?

Ça me faisait énormément marrer. Surtout quand ils arrivaient sur le pelouse sur la musique.

 

Dès que tu croises un fan de foot, tu lui en parles ?

Non (rires) Mais mon cousin était très fier, il supporte Angers.

 

Faudrait faire la musique du SCO alors…

J’adorerais ! C’est le club de mon enfance. Je supporte toujours même si c’est pas toujours flamboyant comme foot. Ce sont mes premiers souvenirs de stade. Sinon, ça me plairait de faire un truc pour le Red Star. En National c’était génial, ils avaient un vieux morceau de punk en entrée, c’était hyper bien.