Interrogé par la Revista Libero en Espagne, Lilian Thuram a donné le nom du joueur qui lui fait le plus mal durant sa carrière : Pedro Munitis à l’Euro 2000. 

 

Comme Thuram, tous ceux qui ont vu ce match n’ont pas pu oublier. Bien loin du CV des stars de la Roja de l’époque (Raul, Mendieta, Guardiola…), c’est pourtant Munitis, un ailier de poche méconnu de Santander, qui crève l’écran lors du France-Espagne en quart de l’Euro 2000. Au point de rendre fou Thuram, toujours marqué par les crochets et le 99 en vitesse de son adversaire dans le couloir droit. “En règle générale, je n’ai pas de mémoire (…) mais alors Munitis, je m’en souviens très bien, reconnaît-il aujourd’hui. C’est le joueur qui m’a posé le plus de problèmes sur un terrain. C’était incroyable, je me disais : ‘Qu’est-ce que c’est que ce joueur ?'”, raconte celui qui était pourtant habitué au gratin de la Série A.

 

 

Après la première mi-temps, où le 9 de la Roja l’a fait craquer en provoquant un penalty, Thuram est donc à peu près dans le même état que les Français devant leur télé : sous le choc. Même si l’un d’un des 23 Bleus tente d’avoir quelques mots sympas dans le vestiaire. “Pour me rassurer, mon pote Karembeu me disait : “Non mais il n’est pas passé une fois…”. J’avais répondu : “Christian, quand même…”, avoue l’ancien de Parme, son club d’alors. Je me souviens très bien de mon soulagement quand le sélectionneur l’a sorti (à la 80′, même Munitis n’avait pas compris, ndlr).” 

 

 

Un “cauchemar” d’autant plus tenace que Thuram avait gardé un petit souvenir de leur rencontre : “Dans mon bureau, je n’ai pas beaucoup de photos de foot, mais il y avait celle de Munitis. Parce que je crois qu’il est important de cultiver l’humilité. Il me renvoie à une certaine humilité.” Beau comme les crochets de l’Espagnol.