D’après un rapport publié par le syndicat des joueurs anglais, les commentaires des matchs à la télé entretiennent des préjugés raciaux. 

 

Qu’est-ce qu’il y a actuellement comme grands, costauds, puissants ? Les blacks.” 10 ans après cette affreuse phrase entendue à la Direction Technique Nationale, et en plein retour du mouvement Black Lives Matter, une étude vient à nouveau dénoncer les préjugés raciaux dans le foot. Et plus particulièrement chez les commentateurs, où l’on a (sans surprise) trop souvent tendance à tomber dans les stéréotypes. Selon ce rapport, basé sur 80 matchs de quatre championnats (Liga, PL, Serie A, L1) de cette saison, commentés en anglais, 62,6% des footballeurs loués pour leur intelligence ont la peau claire, tandis que 63,3% des joueurs critiqués ont le teint plus foncé.

 

 

Autre chiffres de l’étude, réalisée par l’entreprise danoise RunRepeat pour le syndicat des joueurs anglais (PFA) : les commentateurs sont “6,59 fois plus susceptibles d’évoquer la force” pour un joueur à la peau plus foncée, et “3,38 fois plus susceptibles de parler de la vitesse”. Le rapport constate par exemple que Billy Sharp (Sheffield Utd) est qualifié de joueur “malin”, tandis que Ferland Mendy (Real) est réduit à ses qualités physiques. “Les commentateurs contribuent à façonner notre perception”, rappelle Jason Lee, responsable de l’égalité à la PFA. Heureusement, des chaînes semblent avoir pris la mesure du souci : Sky Sports a déjà organisé des ateliers pour sensibiliser ses consultants aux préjugés raciaux, mais aussi aux récents évènements concernant Black Lives Matter.