Alors qu’une enquête pour viol contre Cristiano Ronaldo vient d’être réouverte, deux de ses plus gros sponsors viennent de réagir. 

 

Le footballeur le plus marketing de ces 10 dernières années va-t-il perdre des sponsors ? Encore impensable il y a peu, la question commence doucement à se poser depuis lundi et la réouverture d’une enquête pour viol par la police de Las Vegas. Car si CR7 crie à la “fake news” et nie toute agression, qui daterait de 2009, deux sponsors majeurs commencent désormais à montrer des signes d’inquiétude.

 

Par le biais d’un porte-parole, c’est d’abord EA Sports qui a réagi mercredi. “Nous avons vu l’inquiétant rapport détaillant les accusations contre Cristiano Ronaldo”, reconnaît le géant américain, quelques jours seulement après la sortie de FIFA 19, dont l’attaquant de la Juve est l’ambassadeur numéro 1. “Nous surveillons de près la situation car nous attendons de nos athlètes et ambassadeurs qu’ils aient une conduite en accord avec les valeurs d’EA”. En 2015, le hockeyeur américain Patrick Kane devait apparaître sur la jaquette de NHL 16 mais une accusation de viol avait entraîné un rétropédalage officiel de l’éditeur.

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Nike s’inquiète mais la Juve soutient

En plus d’EA Sports, l’autre marque indissociable de Cristiano Ronaldo s’appelle Nike. Liée “à vie” au joueur, avec lequel elle a signé un deal pour un milliard d’euros fin 2016, la marque vient pourtant de prendre ses premières distances. “Nous sommes profondément inquiets concernant ces troublantes accusations et nous surveillons la situation de près”, indique Nike à l’Associated Press.

 

Une prise de position qui tranche avec celle de son nouveau club, où l’on a également réagi cet après-midi. Pour la Juventus, CR7 a “montré ces derniers mois un grand professionnalisme et une implication appréciée par tous” et les “prétendus évènements datant d’il y a presque 10 ans ne changent pas cette opinion partagée par tous les gens qui sont en contact avec ce grand champion”. Si le club défend sans surprise ses intérêts, après avoir dépensé 100 millions d’euros pour s’offrir le quintuple Ballon d’or, le communiqué sera forcément considéré comme maladroit, voire pire.

 

 

 

Après avoir commenté l’affaire avec un “fake news” lâché sur Instagram, Cristiano Ronaldo (33 ans) s’est quant à lui défendu plus précisément dans un communiqué. “Je démens vigoureusement les accusations qui me visent. Le viol est un crime abominable qui va à l’encontre de tout ce que je suis et de ce que je crois”, a écrit CR7 hier sur Twitter. “Je refuse de nourrir ce cirque médiatique monté par des gens qui cherchent à se faire de la publicité à mes dépens”, a même dénoncé l’ancien du Real Madrid.

 

 

Avocat de la plaignante Kathryn Mayorga (34 ans), Leslie Stovall a tenu une conférence de presse mercredi pour dire que sa cliente espérait “obtenir justice” et “empêcher que ce qui lui est arrivé n’arrive à d’autres femmes”. Selon lui, la victime présumée a trouvé “beaucoup de courage” pour attaquer le joueur grâce au mouvement #MeToo.

 

Kathryn Mayorga, qui souffrirait d’un “traumatisme psychologique”, aurait été violée en juin 2009 dans un hôtel de Las Vegas, avant de dénoncer les faits à la police et de subir un examen médical. Et si la police affirme que la procédure n’avait pu aller plus loin car elle n’avait pas souhaité donner le nom de son agresseur à l’époque, son avocat dit qu’elle a bien “identifié Cristiano Ronaldo lors d’un entretien avec un détective de la police de Las Vegas deux semaines après l’agression”. Après les faits, une transaction financière avait aussi été conclue, accordant le versement de 375.000 dollars en échange d’une confidentialité absolue sur les faits présumés ou l’accord, ainsi que l’abandon de toute procédure.

 

 

Les avocats de Kathryn Mayorga estiment toutefois que cet accord est nul et non avenu, notamment en raison du trouble psychologique de leur cliente à l’époque et des pressions exercées à son encontre. S’ils estiment aujourd’hui son préjudice à au moins 200.000 dollars, ses avocats ne fixent toutefois pas de montants pour les dommages et intérêts.

 

En juillet dernier, la justice espagnole avait confirmé la condamnation de Cristiano Ronaldo à une amende de 3,2 millions d’euros et à 24 mois de prison pour une énorme fraude fiscale. Mais cette fois, aucun sponsor ne s’en était vraiment préoccupé.

 

MAJ du 5 octobre : Cristiano Ronaldo a disparu de la page d’accueil du site d’EA Sports.