Selon Sport, le Barça va limiter les apparitions de Ronaldinho et Rivaldo lors des évènements promotionnels liés au club suite à leur soutien à Jair Bolsonaro au Brésil. 

 

Des monuments du Barça qui roulent pour l’extrême droite ? Symbole historique de la lutte anti-franquiste, le més que un club catalan vit forcément mal de voir Ronaldinho et Rivaldo afficher publiquement leur soutien à Jair Bolsonaro, “Trump brésilien” et grand gagnant du premier tour de la présidentielle le week-end dernier.

 

Résultat, Sport annonce que des (petites) mesures ont déjà été prises. “Ils ont décidé de réduire la présence de Ronaldinho lors des évènements institutionnels et promotionnels, tout comme les matchs des Légendes”, écrit le quotidien qui précise que Rivaldo, Ballon d’or 1999, aura droit à la même punition pour son soutien à Bolsonaro. “Le club ne veut pas s’opposer publiquement à Ronaldinho, bien qu’ils ne partagent pas son opinion et la juge incompatible avec les valeurs du club”, ajoute Sport.

 

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Depuis, une conférence de presse du porte-parole Josep Vives a confirmé cette position. “Au FC Barcelone, nous défendons des valeurs démocratiques qui ne collent pas avec son discours et nous ne partageons absolument pas ses idées”, a déclaré le porte-parole. S’il a également rappelé que Ronnie avait “changé l’histoire du club” et que sa “liberté d’expression” devait être respectée, Josep Vives a ajouté que l’évolution de cette affaire allait être “observée” et que le club allait “réagir en conséquence”. Une prise de distance officielle qui devrait satisfaire les fans catalans et les éditorialistes qui réclamaient – à raison – une réaction.

 

 

L’homme dont le Brésil a besoin”

Le Barça joue toutefois la prudence dans une affaire touchy et qui risque de l’être encore un bon moment. Car avec 46% des suffrages au premier tour et 59% d’intentions de vote au second, Jair Bolsonaro devrait bien, sauf miracle, être élu à la tête de cette jeune démocratie. Une arrivée au pouvoir à laquelle le monde du foot brésilien aura grandement contribué, puisque le club des joueurs ayant publiquement soutenu l’ex-militaire est aussi composé d’autres noms bien connus comme Lucas Moura (Tottenham) ou Felipe Melo (Palmeiras).

 

 

Pressenti il y a quelques mois pour s’associer au député, sous l’étiquette Patriota, Ronaldinho a finalement affiché son soutien quelques heures avant le premier tour, avec un simple post Instagram et une photo du chiffre 17, le code du candidat habitué des sorties homophobes ou racistes dans les urnes électroniques. “Pour un Brésil meilleur, je veux la paix, la sécurité et quelqu’un qui nous redonne de la joie. J’ai choisi de vivre au Brésil et je veux un meilleur Brésil pour tout le monde”, écrit-il. Même chose pour Rivaldo qui a réclamé du “changement” sur Instagram et appelé à voter pour “l’homme dont le Brésil a besoin pour résoudre ses problèmes”.

 


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“ Os verdadeiros problemas do Brasil: crise econômica, desemprego, violência, saúde, educação e corrupção. O que discutem nessa eleição: ideologia de gênero, machismo, racismo e feminismo. Entenda uma coisa: O SEU VOTO VAI ESCOLHER UM PRESIDENTE E NÃO UM PAI. Precisamos que ele resolva os problemas do nosso país e não que nos ensine valores, isso temos que aprender em casa e na escola. Se tivéssemos que aprender valores com o presidente, hoje estaríamos presos em Curitiba. “ Não eduque seus filhos para respeitar homossexuais, negros, brancos, índios. Eduque seus filhos para respeitar O SER HUMANO. Assim você não precisará dar explicações sobre as características ou escolhas de cada um.”” Faço minhas as palavras desse autor. #soubolsonaro #sou17

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Au pays de Socrates, légende du Corinthians et symbole de la lutte contre la dictature militaire, les voix du foot s’opposant à Jair Bolsonaro sont bien plus rares. Juninho fait toutefois partie des opposants au candidat du PSL (Parti social libéral) : “Je me mets en colère quand je vois un joueur ou un ex-joueur voter pour l’extrême droite”, avait lâché la légende de l’OL, quelques jours avant le premier tour. Une voix qui pèse malheureusement bien moins lourd que celle de deux Ballons d’or.

 

Jair Bolsonaro en août 2018 au Brésil (Panoramic)

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